mercredi 10 décembre 2014

Jacques Abeille

Ceux qui nous suivent au fils des années savent combien nous sommes attachés viscéralement à la prose de Jacques Abeille. Le lundi 8 décembre 2014, l’auteur est venu à la Maison de la Poésie à Paris faire la lecture d’un de ses textes, Mers perdues, accompagné par François Schuiten pour les dessins projetés au mur et l’illustration musicale de Bruno Letort. Nous avons été assez peu à assister à la séance et cela donne l’état de la réputation médiatique de Jacques Abeille, sans que cela nous déçoive grandement, après tout. Comme il l’explique lui-même dans un entretien accordé à Article 11, un succès ferait sans doute que son intégrité littéraire serait entamée. D’un autre côté, le spectateur que je suis est fier de compter parmi les happy few, à suivre de parution en parution le labeur patient que constitue un univers littéraire tourné vers un paysage intérieur riche et profond. Cette profondeur, on la retrouve aussi dans la voie chaude du scripteur dont la narration suit le rythme caractéristique de son style. Il y a dans la scansion de Jacques Abeille comme un curieuse stase, un moment d’étonnement comme au bord d’un basculement, une empreinte dont on ne se défait pas, une parole hypnotique que l’on retrouve hors même le champ de la fiction, au sein d’une conversation, menée il y a plus de quinze ans et dont les émanations persistent encore dans la mémoire…



Prise de vue (avec les moyens du bord) : Élisabeth Haakman

12 commentaires:

  1. Pfff... Il y a des fois où l'on aimerait être à la place du Tenancier...

    ArD

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  2. Pourtant on en a parlé dans certaine université :

    http://www.univ-paris8.fr/Journee-d-etude-L-oeuvre-de

    "Pour la première fois, une journée d’étude est entièrement consacrée à l’oeuvre du poète et artiste Jacques Abeille, l’auteur des Jardins statuaires, père du Cycle des Contrées et frère jumeau de Léo Barthe. En la présence de l’auteur, sept interlocuteurs échangeront leurs impressions de lecteurs en abordant certains des aspects principaux de sa création : son rapport au surréalisme et aux arts graphiques, l’écriture du signe, l’érotisation du savoir littéraire, ses collaborations artistiques...
    La journée se clôturera sur une lecture performance d’un texte inédit, nouvel ajout au Cycle des Contrées. Jacques Abeille sera accompagné par les improvisations dessinées de François Schuiten, le créateur des Cités obscures, et musicales de Bruno Letort."

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  3. En effet, mon cher Wroblewski, tout ce lundi fut consacré à Jacques Abeille, exposés et colloques menés par des universitaires pour la plupart. J'aurai pu m'y rendre également mais j'ai eu peur de voir mon plaisir de cette audition gâchée par toute cette exégèse. Il est des auteurs pour lesquels on préfère ne pas se donner de raison de lire ou d'aimer. Abeille en fait partie...

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  4. Jacques Abeille, Jacques Abeille…
    Bizarre, ce nom me dit bien quelque chose, mais quoi donc ?
    Mystère !

    Par contre, je sais que ce musicien, Bruno Letort, est également connu sous le nom d'Yves F.

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  5. Pour ma part, si j'ai bien lu l'entretien d'Article 11, n'ayant, depuis sa création, pas perdu un mot, ni une virgule de cet excellent journal amené à disparaître sous peu malheureusement, je n'ai à ce jour jamais eu le bonheur de lire un livre de Jacques Abeille. Lacune qu'il me tarde de combler.

    En compensation j'ai vu quasi tout les films avec Jean Abeillé.

    Le "faux nom" (Gaston Leroux dans la très patriotique Colonne infernale) de Bruno Letort aurait-il un rapport avec un certain tenancier cher George ?

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  6. Bien entendu, cher Wrob, et vous le savez mieux que quiconque, vous qui êtes si ferré en matière d'autonomes !

    Mais moi, les films de cet Abeillé me faisaient bâiller, avec toutes ces histoires de sacristie : "l'abbé y est", "il se tapait la cloche", tout ce registre…

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  7. Je m'en suis pris à Letort et j'en suis bien puni, car Letort tue : "j'ai vu quasi tous les films", et non pas "tout". Je cours illico me faire hara-kiri.

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  8. Mais non, y'a pas plus de tort que de retords ! Attention cependant de ne pas se faire pincer :
    À rat qui rit, souris s'y errent…

    (Houlàlà, j'ai un coup de mou, moi…)

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  9. Mais dites donc, j'ai affaire à une bande de petits comiques ?... Faites gaffe, les gars, de pas trop vous surmener. On ne sait jamais, paf, un accident et vous vous retrouvez soutiers au comité des blagues Caram'bar. Bon, vous êtes gentil, là, mais faut pas rester, vous encombrez le passage et vous embêtez le monde. Si si, il y a des farouches, dans le coin. Et puis bran, allez me faire vos démonstration en haut ou en bas de ce billet, mais pas en compagnie de Jacques Abeille dont la saveur ne vaut pas votre piquette contrepèteuse (et assez péteuse, aussi...)

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  10. Fans d'Abeille, n'ayez pas peur des universitaires...
    Cette journée a été publiée et vous trouverez dans Le Dépossédé. Territoires de Jacques Abeille (éditions Le Tripode, 2016, http://le-tripode.net/livre/arnaud-laime-et-collectif/le-depossede-territoires-de-jacques-abeille), outre un texte inédit, de précieuses informations pour guider vos lectures.

    Ludovic Lindien

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  11. Cher Ludovic,
    N'hésitez pas à intervenir ici pour donner des informations sur l'un de nos auteurs préférés.

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  12. Cher Tenancier,

    Ca recommence... Exégètes ? Polissons, oui : je devine surtout le plaisir de lire du Barthe à voix haute...
    Bien amicalement,

    Ludovic

    Les Graphies d’Éros : désir, signe et chair chez Léo Barthe/Jacques Abeille

    Journée d’étude organisée par Arnaud Laimé (Paris 8).
    Bibliothèque de l’Arsenal, 1 rue de Sully, 75004
    13 avril 2016, 9 h -18 h
    Entrée sur réservation préalable : arnaudlaime@yahoo.fr


    MATINÉE

    9h Accueil des participants, petit déjeuner de bienvenue
    9h30 Arnaud Laimé (Université Paris 8), « Qui, de Barthe et d’Abeille ? »
    Féminin
    9h45 Jean-Michel Devésa (Université de Limoges), « Le Féminin chez Jacques Abeille : ce "premier autre qui peine à se faire entendre" »
    10h15 Elsa Caboche (Université de Poitiers), « Représentation des femmes et imaginaire du féminin chez Abeille et Barthe »
    10h45 Discussion
    11h Pause
    Désir
    11h15 Nadine Grafeille (médecin, sexologue), « De la fantasmatique à la réalité »
    11h45 Discussion
    12h « Jouer et se déjouer : à deux voix autour du désir », échange entre Belinda Cannone (romancière, essayiste) et Jacques Abeille
    12h45 Discussion

    APRÈS-MIDI
    Nocturne
    14h30 Pierre Vilar (Université de Pau et des Pays de l’Adour), « Le cru et l’écrit : sur quelques écrits crépusculaires de Léo Barthe et une leçon de Terrèbre »
    15h Éric Vauthier (Université de Varsovie), « La dimension nocturne de l'érotisme dans les récits courts de Jacques Abeille/Léo Barthe »
    15h30 discussion
    15h45 Pause
    Image
    16h Patrick Wald Lasowski (Université Paris 8), « Aux mains d’Éros »
    16h30 Philippe Lemaire (artiste), « "Beau revers du rêve" Quand Jacques Abeille écrit autour de collages »
    17h Discussion
    17h15 La Reine des oiseaux, projection d’une série d’œuvres formant libre journal
    18h Fin de la journée

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