lundi 1 juin 2015

« Donc, ceux qui n'ont rien font une révolution et tuent les autres et, dès qu'ils ont fini, quelques enfants de salauds s'approprient tout et ça recommence comme avant. »

Le Tenancier, cette année, ne jouera pas trop. Comme il est en train de mettre sa bibliothèque en caisse, il manque de références pour faire des devinettes. Il fera des efforts, quand même.. Fort heureusement, parmi les assidus du blog il y a des personnes attentives et secourables. Donc, merci George de proposer cette petite énigme.

D'où vient ce passage ? Il nous faut bien sûr des références précises et complètes.

Juan eut un sourire mitigé :
— Tu crois que je suis stupide et que je ne sais même pas ce que c'est qu'une révolution. C'est un océan de merde. D'un côté quelques gars possèdent tout et de l'autre la plupart des gens n'ont rien. C'est bien ça ?
— C'est cela.
— Donc, ceux qui n'ont rien font une révolution et tuent les autres et, dès qu'ils ont fini, quelques enfants de salauds s'approprient tout et ça recommence comme avant. C'est bien ça ?
— Non, protesta lentement M… En réalité…
— Non ? Qu'est-ce que ça signifie ? Dis-moi si une fois, une seule fois dans ce monde dégueulasse, les choses ne se sont pas passées comme je l'ai dit.

L'Irlandais ne répondit pas. La pluie ralentit un moment et il observa un faible arc-en-ciel à l'horizon, au-dessus des arbres. Il pensait à l'Irlande. Il revivait tristement les sept années qui s'étaient écoulées depuis qu'Arthur Griffith avait fondé le Sinn Fein. Une vive douleur brûla son cœur. Que pouvait-il répondre à Juan ?
— Reprends ta lecture, lui conseilla le Mexicain.

M… ferma son livre d'un coup sec.
— Je le connais par cœur.

Pour ne pas que ce soit trop facile, on vous a enlevé le nom entier d'un des protagonistes. Mais même comme ça c'est fastoche...

27 commentaires:

  1. Je ne sais pas d'où sort ce texte, mais qu'est-ce que je suis d'accord avec le Juan. C'est trop chouette, les révolutions...

    Otto Naumme

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  2. Ça ressemble furieusement à un passage de "Il était une fois la révolution" ( "Giu la testa", 1971, scénario de Sergio Leone et Sergio Donati )
    Il y aurait donc un livre à l'origine ?

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  3. Fortiche Jules ! Ca a l'air d'être ça, le "M" serait celui de Malory, personnage joué par James Coburn. Peut-être que le livre n'était pas à l'origine, mais rédigé après le film, comme ça arrive parfois, à partir du scénario.
    A propos de révolution, personne n'a voulu jouer avec moi pour trouver l'auteur de ce texte : " Loin de nous cette pusillanimité qui nous ferait croire que nous ne pouvons rien par nous-même et qu’il nous faut toujours avec nous des gouvernants. Les gouvernants ne font des révolutions que pour gouverner. Nous en voulons enfin une, pour assurer à jamais le bonheur du peuple par la vraie démocratie. […] c’est pour du pain, l’aisance et la liberté que nous nous échauffons. Ne nous laissons pas donner le change." Lui y a cru de tout son coeur, ça ne lui a pas porté bonheur...

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  4. Bravo à Jules ! Il y a eu semble-t-il une « Novellisation » par James Lewis en Série Noire et non un roman original (je crois me souvenir que George m'a indiqué que c'était dans la série Western, on attend confirmation de sa part...) Le titre original est Duck you sucker (1971), traduit par Alain Chataignier, 1972. Il s'agit du passage des pages 102 à 104. George me prie d'indiquer que nous avions déjà traité du film dans un autre billet, mais c'était dans notre précédent blog, donc ça compte pour du beurre.
    Mon cher Wroblewski, j'aurais bien joué... je me suis même creusé la tête mais je ne suis pas très fortiche, visiblement ! Nous avons été plus rusé en faisant appel à un quelque chose d'iconique comme le film de Leone. A ma grande satisfaction, j'ai trouvé immédiatement lorsque George m'a posé la colle au téléphone.
    Otto, mon doux et paisible Otto, on vous condamne à venir revoir le film en notre compagnie — et peut-être d'autres productions de Leone pendant qu'on y est.

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    1. Cher Tenancier, je serai bien aise de contempler à nouveau ce film à vos côtés.
      Mais, "doux et paisible", êtes-vous bien sûr de vous adresser à moi ?

      Otto Naumme

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    2. Oui oui, pas d'erreur. Je n'ai pas dit que vous l'étiez tout le temps, mais cela arrive plus souvent que vous le laissez entendre.
      Nous rajoutons des glaçon dans le freezer pour la dégustation du petit jaune devant le film.

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    3. Je suis partant pour me joindre à la compagnie — du moins si elle m'accepte en son sein — mais il me semble que pour ce film le whisky frelaté serait mieux venu que le petit jaune…

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    4. Vous êtes le bienvenu, George; Pour ce qui concerne votre contreproposition, deux obstacles se dressent devant nous :
      Nous n'aimons que le whisky single malt ou alors des "blend" bien choisis...
      Nous encourageons une consommation raisonnée selon les saisons, et le petit jaune c'est à la saison chaude.

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    5. Vous devriez revoir ce film, Tenancier, surtout la scène où les soldats se préparent à l'assaut pour défendre le pont : ce n'est certes pas du pastis que le colonel (?) s'envoie à grandes rasades, malgré la chaleur à crever…

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    6. Nous savons, mais nous sommes de l'autre côté du miroir, George, et en astronomie comme dans nos distractions, les libations obéissent à certaines régularité en même temps qu'à une correspondance des saisons. Nous sommes un peu primitif de ce côté-là.

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  5. Bon, sous forme de charade je pense que vous devriez trouver :

    - mon premier aurait pu être cool s'il avait été doublé ;
    - mon second est volé par un pilleur de poulailler ;
    - bien que français, on pourrait entendre dire que mon tout fut victime de "direct war".

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  6. Alors là, complètement largué, le Tenancier...
    Demandons à George.







    George, vous êtes là ?

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  7. Mon premier est "Ba" (moitié de "baba")
    Mon second est "bœuf" (car "qui vole un œuf vole un bœuf")

    mon tout est Babœuf, prénom Gracchus, l'auteur du Tribun du peuple — même si j'ignore ce que c'est que "direct war".

    (promis, j'ai pas triché !)

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  8. ... et voilà !







    Ayez toujours un George sous la main.
    George, c'est une garantie d'efficacité et de régularité !



    George est recommanbdé par le Tenancier.

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  9. Concernant le Série Noire n°1529, il ne fait pas partie de la sous-série estampillée "Western".

    La photographie de la couverture est extraite du film, le copyright est "1971, by Rafran Cinematografica, S.p..a.", mais aucune précision dans le bouquin lui-même au sujet de l'origine du texte.

    Seuls Mesplède et Schléret, dans Les auteurs de la Série Noire (Joseph K., 1996), précisent qu'il s'agit d'une "novélisation du scénario écrit par Luciano Wincenzoni, Sergio Donati et Sergio Leone pour le film réalisé par ce dernier en 1971" (p. 295).

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  10. L'édition originale américaine est bien de 71. La novelisation était courante à l'époque et le postulat n'est pas surprenant.

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  11. Ici : http://bearalley.blogspot.fr/2010/09/few-spaghetti-westerns-more.html
    un article qui évoque l'ouvrage avec la couv. de l'édition americaine de 1972

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  12. Bravo George ! Décidément je vous adopte !

    Le "direct war", phonétiquement, c'est le Directoire, la forme de gouvernement utilisée par la Première République française, du 26 octobre 1795 (4 brumaire an IV) au 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII). Gouvernement bourgeois, réactionnaire, le glas définitif des espoirs de la révolution, les "enfants de salauds" qui "s'approprient tout et ça recommence comme avant" dont parle Juan là-haut. "C'est bien ça".

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  13. Tonnerre de mille milliard de mille sabords !
    Dire qu'avec Jacques (qui m'a bien aidé, une fois de plus !) on s'est creusé la cervelle pendant un bon moment sur ce "direct war"…

    Bravo à toi pour l'énigme rebondie en charade (char à deux… bœufs ?), Wrob !

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  14. 1) L'est fort, Georgie Boy. Jules aussi, notez bien.

    2) James Lewis ne figure pas au générique du film, ce qui plaiderait, s'il en était besoin, pour la thèse de la novellisation. Reste la question qui tue, dajà évoquée ici : pourquoi ne voit-on pas sur la couvrante le mot Western, encadré et en vert ?

    3) — I know what I am talking about when I am talking about revolutions. The people who read the books go to the people who can't read the books, the poor people, and say, "We have to have a change." So, the poor people make the change, and then, the people who read the books, they all sit around the big polished tables, and they talk and talk and talk and eat and eat and eat. But what has happened to the poor people? They're dead! That's your revolution. Shhh... So, please, don't tell me about revolutions!

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    1. Mon cher Pop, oui bien sûr... le générique du film est bien une preuve. Comment n'y avons-nous pas pensé !?
      Pour le ouesterne, il est vrai que nous sommes plutôt éloignés de la thématique traditionnelle du genre (littéraire, s'entend...) Il suffit de voir le contenu de ces ouvrages, soit en Série Noire soit en Masque. Même la thématique fordienne n'est pas la plus représentée. Ou j'ai pas dû lire les bons (sauf forcément le Westlake, forcément !)
      Je dirais plutôt que cela appartient beaucoup plus au polar historique dans le sens ou l'Histoire tient un rôle prépondérant et non comme un décor stéréotypé. Cela dit, le roman est assez pauvre de cette matière purement visuelle injectée par le réalisateur — on connaît le soin de Leone pour ses reconstitutions (toujours aussi fasciné, par exemple par la bataille du pont dans Le Bon, la Brute et le Truand...) Bref, pour vous dire que si ma première réaction serait de le classer dans les westerns après avoir l'avoir bouquiné, le souvenir du film le remet dans une autre perspective à cause de cette prégnance visuelle de l'Histoire.

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    2. Yo, Mister T., z'avez bon. Les "westerns" publiés chez pépère Duhamel, tels qu'ils existent dans ma mémoire (plus ou moins fiable, mais j'en ai quand même lu une tripotée), c'était le genre Lucky Luke contre Pat Poker.

      (Quand Georgie Boy sortit du Ace of Diamonds le bidon gavé de bourbon artisanal et les poches pleines de grosses liasses ramassées au poker contre les plus effroyables terreurs qu'on puisse trouver à l'ouest du Pecos, il gagna paisiblement le sud de Weaver Gulch. Assis en tailleur sur sa selle, son banjo sur les genoux, adressant à la population féminine locale des œillades crapuleuses, il quitta la bourgade pour entreprendre nonchalamment de traverser le Killing Death Desert.
      A deux miles de là, lâchement dissimulé derrière un cactus à plumes, Ugly Taulier l'attendait en tressautant lamentablement. Un terrifiant sourire spasmodique agitait ses lèvres purpurines, entre lesquelles s'épanchait par saccades un flot de bave fluorescente dont l'odeur effrayait les zopilotes les plus blasés.
      Le redoutable jayhawker tripotait alternativement son collier d'oreilles humaines et son grand colombier — un Remington maison de trente-cinq livres dont le calibre terrifiant lui permettait d'occire les bisons par paquets de douze à vingt miles de distance.
      Il bichait copieusement, le psychopathe : bientôt, la carcasse criblée de Georgie Boy allait rejoindre le grand cimetière des pistoleros, derrière OK Corral, tandis qu'Ugly Taulier graverait à l'aide ses canines jaunâtres une nouvelle encoche baveuse sur la crosse déjà très zébrée de son grand colombier.)

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    3. Mon préféré, c'est Les rivaux de Painful Gulch, mon cher.
      A part ça, on s'y croirait. Compliments !!!

      :-D

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    4. Ouaipe, j'y avais prévenu que j'donnais pas cher de sa peau, à Ugly Taulier !
      Résultat… bref, vous connaissez la suite : l'est enterré sous le cactus à plumes et moi je continue à conquérir le cœur des septagénaires…

      Mais tout de même, bravo, M'sieu Pop ! Vous publierez l'intégrale bientôt ?

      Et Tenancier, c'est quoi cette histoire de ouaisterne de Westlake ???

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  15. ... d'ailleurs, mon cher Pop, ça me fait penser à ça...

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    1. Effectivement. Connaissais pas. Z'avez forcément influencé l'auteur, ça se sent.

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  16. Concernant les sous-séries de la Série Noire, si j'y comprends un peu que pouic d'après mon stock, les estampillages "Western" et les bandeaux "Espionnage" ou "Suspense" sont apparus à la fin des années 60 et ont disparu au milieu de la décennie suivante, sans doute au moment du remplacement de Marcel Duhamel par Robert Soulat à la tête de la collection.

    Mais bon, je dis ça, je dis rien…

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