| Où en est le Tenancier dans ses petits projets d’écriture ? Eh bien pas très loin, si l’on se place dans l’optique de l’avancement des travaux. La troisième mouture d’un roman — processus d'élaboration normal, de nombreux passages devenant nécessaires avant quelque chose de présentable — est en sommeil après son premier chapitre dans un bloc de papier A4, quadrillé 5x5 de marque Oxford, 160 pages (on utilise aussi un stylo-bille à gros diamètre doté d’une recharge grande capacité Parker, encre noire, pointe fine). Nul ne sait s’il sera lu par quiconque, d’ailleurs, dans le cas où on l’achèverait. Bien sûr, la canicule est impliquée dans cet arrêt des travaux, ainsi que d’autres embarras. Admettons le roman achevé, remanié, tapé au propre sur une mise en page lisible et exempt de coquilles (on peut toujours rêver). Que faire ensuite ? Attaquer un nouveau texte sous forme de nouvelle ou de roman, pas forcément autour du Fleuve ? Pas tout de suite. Votre Tenancier chéri se prépare à un exercice pervers auquel il s’est déjà prêté par le passé. L’achèvement, du manuscrit en cours — ce qui reste une annonce sous toutes réserves — coïncidera avec la parution du troisième recueil du Fleuve vers le mois d’octobre. Pour l’occasion, il va s’adonner à la relecture de toutes les histoires dans l’ordre chronologique qu’il leur a attribué. Si ce qui relie ces récits semble assez lâche, la nécessité de se remettre en mémoire certaines caractéristiques permet de ne pas se contredire de façon trop flagrante, même si, après tout, de petites erreurs accentuent parfois la sincérité d’une histoire. L’exercice devient curieux à la longue. On a le sentiment que tout cela a été rédigé par un autre ou un double de soi, accroissant ainsi le syndrome de l’imposteur et parfois, au contraire, l’étonnement sur ce que l’on a pu produire. Mais quel auteur se relit ? Sans doute, celui qui œuvre dans le cycle d’une longue élaboration, autour d’un univers où d’ailleurs, ledit univers ne constitue pas l’essentiel des récits — autant s’adonner alors à la cartographie, ce qui semble une aporie pour tout ce qui concerne le Fleuve, on y reviendra un d’ces jours… Cette partie de l’écriture s’inscrit donc dans une projection au sujet d’un monde ouvert et surtout dans une temporalité qui ne connaît pas l’échéance d’une parution, mais plutôt des potentialités annoncées par cette relecture. En effet, la révision se révèle comme une préparation pour les travaux futurs. Au mois de juillet de l’année dernière, on avait cuisiné dix-sept litres de sauce tomate avec les courses du marché. Le tout avait été réparti en barquettes de 50 cl dans le congélateur maison. On en a joui toute l’année. On s’apprête à récidiver cette année. Peut-être faut-il considérer le Fleuve comme une sorte de sauce tomate avec une préparation et une remembrance de la recette de base. Il faut y retourner pour maintenir la qualité. Ou peut-être que le Tenancier cherche à se rassurer. Allez savoir… |
La chronologie du Fleuve se trouve ici.





