Frank Herbert
jeudi 18 juin 2026
mercredi 17 juin 2026
Achèvement provisoire
Votre Tenancier, il y a à peine une
heure, vient d’achever la deuxième version d’un roman qui, s’il est
publié un jour sera le quatrième qu’il aura mené à bout. Il ne possède
pas de roman retoqué ou avorté dans ses tiroirs et croyez bien qu’il
mesure sa chance à ce propos. Ici, cette deuxième mouture est anormale.
Voyez comme il procède : le premier jet consiste à raconter une
histoire au clavier, le deuxième à l’écrire à la main et le troisième à
tout recopier au propre de nouveau sur un traitement de texte. Or, pour
ce cas, le deuxième n’est pas manuscrit, pour une raison simple, on
s’est complètement planté sur le temps à utiliser pour ce récit. Dans
la perspective d’une révision, impossible de changer le verbe concerné,
il faut tout reconsidérer dans son ensemble et reformuler les phrases.
On aura donc au bout du compte quatre versions dont la dernière ne sera
pas non plus définitive, mais qui s’approchera un peu plus de ce que
l’on espère. Il faudra ensuite en passer par les révisions et les
relectures.
Le roman est court, du calibre dont on a l’habitude. Après avoir établi un plan sommaire qui ne sera de toute façon pas respecté, on s’embarque chaque fois pour des séances de deux mois de rédaction, multipliées par autant de réécritures. Dans ce cas, on escompte une durée totale de huit mois avec des journées de quatre heures de travail, espacé par des périodes de « jachère », utiles pour réfléchir sur ce qui a été effectué. En somme, nous ne nous trouvons pas éloignés d’une année pleine pour la conception de ce roman, considérant que la bévue initiale a coûté du temps, mais s’est révélée aussi source d’enseignements (sinon à quoi sert-il de faire des erreurs ?)
Ce roman-là appartient au cycle du Fleuve et il s’en éloigne également par la volonté de ne pas retomber dans le même style de récit lié à cet univers. Est-ce une erreur ? L’entreprise, dès le départ, a été conçue comme une rupture. On s’en voudrait d’écrire toujours la même chose, même si le soupçon reste qu’en effet, on se répète un peu en espérant que ce soit seulement en mode mineur…
Arrivent sous peu les périodes de canicule et l’arrêt forcé des machines dans le bureau, qui se transforme en un lieu difficilement tenable. Bientôt, l’écriture deviendra un Voyage d’hiver, de gré ou de force.
Le roman est court, du calibre dont on a l’habitude. Après avoir établi un plan sommaire qui ne sera de toute façon pas respecté, on s’embarque chaque fois pour des séances de deux mois de rédaction, multipliées par autant de réécritures. Dans ce cas, on escompte une durée totale de huit mois avec des journées de quatre heures de travail, espacé par des périodes de « jachère », utiles pour réfléchir sur ce qui a été effectué. En somme, nous ne nous trouvons pas éloignés d’une année pleine pour la conception de ce roman, considérant que la bévue initiale a coûté du temps, mais s’est révélée aussi source d’enseignements (sinon à quoi sert-il de faire des erreurs ?)
Ce roman-là appartient au cycle du Fleuve et il s’en éloigne également par la volonté de ne pas retomber dans le même style de récit lié à cet univers. Est-ce une erreur ? L’entreprise, dès le départ, a été conçue comme une rupture. On s’en voudrait d’écrire toujours la même chose, même si le soupçon reste qu’en effet, on se répète un peu en espérant que ce soit seulement en mode mineur…
Arrivent sous peu les périodes de canicule et l’arrêt forcé des machines dans le bureau, qui se transforme en un lieu difficilement tenable. Bientôt, l’écriture deviendra un Voyage d’hiver, de gré ou de force.
lundi 15 juin 2026
Une historiette de Béatrice
dimanche 14 juin 2026
C'que c'est beau, l'amour !
| Oui, dès
l’instant que je vous vis, Beauté féroce, vous me plûtes ; De l’amour qu’en vos yeux je pris, Sur-le-champ vous vous aperçûtes ; Mais de quel air froid vous reçûtes Tous les soins que pour vous je pris ! Combien de soupirs je rendis ! De quelle cruauté vous fûtes ! Et quel profond dédain vous eûtes Pour les vœux que je vous offris ! En vain je priai, je gémis : Dans votre dureté vous sûtes Mépriser tout ce que je fis. Même un jour je vous écrivis Un billet tendre que vous lûtes, Et je ne sais comment vous pûtes De sang-froid voir ce que j’y mis. Ah! fallait-il que je vous visse, Fallait-il que vous me plussiez, Qu’ingénument je vous le disse, Qu’avec orgueil vous vous tussiez ! Fallait-il que je vous aimasse, Que vous me désespérassiez, Et qu’en vain je m’opiniâtrasse, Et que je vous idolâtrasse Pour que vous m’assassinassiez ! |
jeudi 11 juin 2026
Brimborions et coquecigrues
Et zou, annonçons la parution du petit dernier de chez Letort. Onze nouvelles (courtes, il est vrai) pour 2€ à commander (avec d'autres petits bouquins, ne soyez pas radins) sur le site de Deleatur !
mercredi 10 juin 2026
Oui, bon...
| Allons, allons ! Votre Tenancier n’était pas aux fraises, mais a été pris par quelques activités qui ont cessé de devenir annexes à un moment donné. C’est comme ça, c’est la vie, on est faible et on se laisse entraîner. Il va revenir aux affaires, quitte à ce qu’elles demeurent sporadiques. |
mercredi 29 avril 2026
mercredi 22 avril 2026
Une historiette de Béatrice
mardi 21 avril 2026
Il est temps de renvoyer des manuscrits !
Vincent Bolloré assure que « Grasset continuera » avec « de nouveaux
auteurs » pour remplacer les départs.
(La presse, avril 2026)
| La revanche des ratés Au début de l’occupation une foule de ratés surgit, qui se précipita vers les bottes de l’occupant afin de les lécher. Pour rédiger, des leaders vengeurs sur la « judéo-maçonnerie », on vit sortir de leur retraite des hommes oubliés depuis vingt ans, tels que Jean Drault — auteur du Soldat Chapuzot au environ de 1896 — Lucien Penjean ou le feuilletoniste Jean de La Hire. Le plus obscur rédacteur de la feuille antisémite confidentielle d’avant-guerre s’empara d’un fauteuil directorial. Aujourd’hui nous voyons déferler deux nouvelles vagues de ratés. Les uns déclarent : « J’étais à la barricade de la Montagne-Saint-Geneviève, placez mon papier en première page ! » Les autres : « Il faut que je me rattrape, car je n’ai collaboré à aucun journal pendant l’occupation, moi ! » Pour certains de ces derniers, ce n’est pas faute d’avoir tiré des pieds de biche ni mariné dans les antichambres. Ils se font un titre de gloire d’une abstention parfaitement involontaire. (Mai 1945)
|
(Didier, habitué de ce blogue, me signale l'obscurité de la deuxième phrase « Pour rédiger, des leaders vengeurs [...] » et me suggère « Pour rédiger des libelles vengeurs... » ce qui semble plus cohérent, bien que, après vérification, il n'y avait pas d'erreur à la recopie de ce passage...)
lundi 20 avril 2026
Ma vie est un décrochage régional de Fr3
Un gimmick me fait
sourire, à propos de
reportages sur un écrivain ou un quelconque pondeur de rapport :
on le
filme tout le temps à lire son bouquin, comme s’il était en train de le
découvrir au quotidien avec une voix off « Nous
avons trouvé Jean-François Tartempion chez lui, pour nous parler de son
dernier
livre ». Vous imaginez, vous, un
type qui a écrit un
texte pendant des mois, qui s’est emmerdé à trouver le mot juste,
l’expression
ad hoc se pencher de nouveau dans son bouquin, comme s’il était tout
seul, avec
l’air concentré ? Qui
peut croire que c’est crédible ? En
tout cas, ça n’effleure pas les journalistes de la téloche qui nous
servent à
chaque fois la même image et qui tentent de convaincre le pauvre
écrivain de
paraître focalisé sur un truc qu’il connaît jusqu’à l’écœurement...
dimanche 19 avril 2026
Une historiette de Béatrice
jeudi 16 avril 2026
Une annonce du Tenancier
| Je tiens à signaler que je
n’ai pas quitté Grasset. Parce que je n’y suis pas rentré. Parce que je n’ai même pas essayé. Parce que j’en ai rien à foutre de ces bourges. (Il est vrai aussi que mon avis n'a aucune importance.) |
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