samedi 22 septembre 2018

Qui c'est les plus forts, évidemment c'est les vers !

« [Dans la charrette, en allant vers l'échafaud,] Fabre se lamentait encore sur la perte de sa comédie, ce qu'entendant, le même Danton lui dit en riant : "Des vers, avant huit jours tu en feras plus que tu ne voudras, et nous aussi." »
Mémoires des Sanson — Paris 1863
(Pour le 5 avril 1794 : tome 5, chapitre III, page 76 : Procès et exécution de Danton, Camille Desmoulins, Fabre d'Églantine, etc.)

Rappelons que le tribunal révolutionnaire priva Fabre d'Églantine de sa pièce en cours de composition lors de son procès.

vendredi 21 septembre 2018

Supplément au Petit semainier mortifère (2007)

Devant la mort, on s'inscrit en faux

(Si je puis m'exprimer ainsi)


Uans doute nous devons beaucoup à nos sages Législateurs d'avoirrétablil'égalité de!nos droits. Des titres vains et fastueux une prérogative ou au moins une prétentionhéréditaire, n établi­ront plus une classe de citoyens au dessus de3 autres, et un rand nombre de Français n'aura
seul peut planer au dessus d'eux un de leurs se blables, s'ou t avili. par le préjugé qui le dis­pense de valoir quelque chose.
Mais si l'égalité le premier des biens résul-; tat précieux de la liberté si l'aisance qui nousattend ne peuvent tout d'un coup être' le partage
nos loix et nos mœurs préparent ce bonheui* aux générations à venir nos neveux ignorefonçqu'étoitcetteterrible étiquette" ces Cone. nances orgueilleuses qui créoient des besoins aux riches peur enlever aux pauvret le néces­saire ils verront; disparoitre le luxe, cet hor­
peine du citoyen laborieuxet honnête. Il fera
Utiles nous n'envierons plus. à nos voisins la per­
fection de leurs arts mécaniques, ces arts vrai­
mentusuels etqui,danspresque tontelaFrance
sont encoredam l'enfance. Peut-être recevrons-
nous d'autres louanges des étrangers, ,qu6celles
d'exceller en marchandes de modes en perru­
quiers ou cuisiniers. Nous perfectionnerons tout ce qui est utile comme nous avons perfectionnéles institutions des peuples libres et si nous
nous
avons eu plu6 tard quelques avantages aurons le mérite de les avoir portés pl^is loin. Certesil estpermisdese complairedansl'image de cette félicité qui fera de la France la première
et la plus puissante des nations, et des Français les plus heureux des hommes comme tisétoient
déjà les plus aimables.
j
Mais si nous ne pouvons tout d'un coup passer
du despotisme
encore de nos anciennes institutions;! si l'Assdm­fclée Nationale semblable au Législateur habile dont parle Rousseau sait wtçriter ses succès en se ménageant 4<ms les progrès des, terns negloire éloignée et ne travailler dans dans un (1) si
enfin nous devons encore attendre quelque mms,
pour jouir de cesjours brillans avons lieu d'espérer n'avqns-nous Jp^s le droit de demander qu'on ne diffère pas de nous fi lire, jouir de tout ce que nous devons obtenir ? JPëj^la
(ij[ Contrat social, liyre II, chapJ YIL
nir, ne sont-elfes pas de Véritablesbienfaits dont nous sentons le prix àchaqueinstant?
N'a-t-ôn pas banni le régimeatroce des prison*d'état ? La procédure criminelle n'accuse plus l'humanité; -nous ne voyons plus le citoyen pré­venu, et peut-être innocent, traité en criminel
avant d'être jugé, puni d'une manière barbare
lorsqu'il mérite des égards et des consolations. L'intérêt de la société n'est plus le prétexteou l'excuse des barbaries de nos prisons civiles. Sachons achever notre ouvrage et souvenons-
que ce n*est pas tout d'être libre
nous
être humain. Nous ne voulons pas être humiliés, et nous consentons d'être écrasés,
Peuple léger et frivole offensez
vous vous
des armoiries qui décoroient les panneaux d'une voiture et ne blessoient que la vanité x et vous-pardonnez aux roues qui vous brisent vous mu­tilent qui sanscessevous alarment Faites-vous représenter les registres de l'ancienne police, NOUS saurez que sur deux jours il y avoit cinq,
soit plus de trois cents par an, victimes infortu­
nées dela brutalité, de l'étourderie de Ceux quirioient de 'l'embarras des piétons.. Gère gare i' ce» mots terribles étoient et sont encore un arrêt de mort contre l'honnête citoyen qui ne sait pas se ranger légèrement; on se croise on se heurte et au milieu d'un peuple nombreux, c'est
qu'on voit: au mépris de l'humanité le barbare valet d'une jeune femme compromettre reis-,
tence d'une mère de famille déjà avancée dans sa et que la peur ou un faux pas préci*
grossesse
à vous si vous àve» rouie dure, ou sivous êtes distrait vous n'avezpas
entendu ce mot fatal garçvous êtes.écrasé. de police, disoit Louis 1ÙY,
je dt'iféndrois les cabriolets. Doutez-vous peuple de Pa;is, que vous n'ayez plus de droit que le
tan hlasé étranger à ses sujets comme aux senti-
d'humanité ? Cependant vous souffrez les
mens
cabriolets ils vous tourmentent c'est le déses­poir de la multitude,et à peine dans léurs courses entendent-ils une plainte. Quelle est donc votre abjection, lorsque vous osez parler de liberté
des lecteurs ? Personne n'a dit Je n6 veux plus
cju'un fat, qu'un étourdi à chaqueins­
menace tant ma \ie je demande qu'il n'y ait plus de
cabriolets. Et tout le monade n'a pas applaudi et dans un instant ce cri n'a pas, été répète de
lV>ter-de ville à tous les fauxbotirgs et les jockeis à pied. n'ont pas ramené chez leur maître la Voiture maudiite et proscrite parle peuple Vous ses vrais amis qui ne croyez pas que la
multitude doiveêtrefeuléeauxpieds des chevaux des gens riches vous n'aurez pas encore fait asséa l'humamté, quand vous nous aurez débar­
pour
leur importunité* est plus à
rassés des cabriolets
le danger rée est
charge que celle des carrosses
moindre; les aqcidens graves sont aussi en raison de cette vérité. Examinez et jugez-en les causes.qu'il loin de la: tête cheval aux
Vous verrez y a
que le conducteur est sur ces roues, et
roues
juge mieux du danger qu'au contraire le ti on couventdépasse les chevaux de carrossé, et que
«jues des gens qui vont k pied. VoUs pourri^*
cochers, presque aussi méprisables que leur* maîtres (l), leur mal-adresse, leur ivrognerie.1 Mais pourquoi leur trouver des torts? La loi seule
enestcoupable ellequisouffrequ'onnepuisse
aller à pied sans un dangerperpétuel.
qu'il a fallu faire une constitutiorr; vous avé* voulu qu'on connût la différence d'iin siècle à
s'agit des de l'humanité de frères vous resteriez au desadus de nos voisins
sur-tout dans la
Dans presque toutes leurs villes
capitale souvent au loih est même sur les che­des trottoirsprotègentet défendent l'homme
mins
pied contre les voitures de toute espèce. Ose* faire plus qu'eux pour les moeurspour vous­
pourvotreintérêtbien entendu,Prohibes^
mémes
les voitures qui ne sont pas destinées aux trans-" ports des. matériaux ou objets d'utilité ne.Il convient à un véritable philosophé' de trouver plus de plaisir à voir passer t'utile tombereau du boueur, que le char verni d'une de nos moderne* Lais. Plus éclairés meilleurs veuilliez nous ra­meneràdesmoeurspluspures etlorsquejevous propose d'assurer l'existence dé la multitude, es* père vous démontrer que je sais concilier yotre­
intérêt même avec ce
tude ancienne et lé nouvel ordre de c»osè$.
(1) 'le ne coitnois rien dit Rousseau., de sable aue lesvalets si cen'estleursmaîtres.
de domestiquesdes
yaucontraireles res­
de dontlapeine e&1sources
salariée.parnoiremollesse.aujourd'huiun
Uncarrosseplusieursfemmes.Il faudradeuxpor­
teurs, pouruneseulepersonne.Cinqu;jmte.coch.ersde Jfiacres.supposent.une place extraordinairé­
cinquantechaisesà porteursoffri­
ront moins, bien-,
.et animéepar4'espritpublic qui nout lçs nommyespublic et oùil
au servicedu y avoit cinquante,voitures,,je voiscentchaisesà porteurs
s'établir« et deuxcents personnesgagnentet ra­vaillentoùa peinecinquantepouvoientexister, suivant no$ anoietines
expressions)quede l'aisanceet point d'opu­
deux chevauxet unla-r
pliais elle aura aujourd'huitrois hommesà «onseiviccetdeuxla porteront.Elle auradonc
un hommede.plus,deux.chevauxdemoins,et
à cechangement.dédaignerpourvous
{a
diriger l'emploi; sur*
vous est faite, Un cabriolet avec un cheval suffi*
«oitpourun/homme quipetit garçon. Les hommesiront beaucoup p cheval j
fis voudront être suivM par des gens qui aient d'équitatipn. Les cochers se feront palefreniers l'usage les formera et l'on petite garçons dont la mau-
Aura moins de ces
vaiseéducation augmenteencorela corruption de Les femmes dans un état d'opu­
nos noceurs.
lence seront suivies d'un ou de deux domesti­outre leurs deux porteurs
ques elles auront un ou deux autres hommes du même état qui
dans les courses trop longues relayeront leurs, camarades. La diminution des chevaux produira donc une véritable augmentation dans le nombre
des hommes. Ajoutez que les terreins destiné*à nourrir ces animaux i désormais nnV en valeur subsistance des hommes
pour Aa.
l'accroissement de la population des ressource^ considérables qui augmenteront la quantité dés. légumes et de tous les objets utiles à la vie, et naturellementen fixerontle prix au taujj le plujf
inodéré,
Je ne vois, jusqu'à présent que le marchand de chevaux et. les maréchaux-ferrans qui aient
perdu.
fournisseurs te nouvel établissement des chaI es à-porteurs leur vaudra plus que l'état actuel
|ew toujours dçs
commerce,
huera 'K mais il refluera dans ils manquent souvent et essentiellement. Au total
population ment du nombre de chevaux plus de ressources pour la, classe nombreuse de nos frères tantpûin le travail que pour les moyens de tance, 'Voilà quelles sont l'es p rincipales raison? ilu cjioyen qui voils
plus détefminans.
Vous prendrez sans doute' la
restauration des moeurs. Les gens coutumentquetropaisément âêtrenisensibleset durs et vous leur permette^ de courir à
Chaque instant le risque .impuni d'écraser leurs «eniblables des hommes qui qu'eux. Voyez à la suite de cette ordonnance salutaire succéder au luxe vain et puérile d'un faste inso­
lent, lelt1xo utile qui C.'ition de son superflu. Ces grandes cours pavées-
à grands frais pour ne donner qu'un refiot in­commode pendant la chaleur pour ^ne présenter jamais qu un aspect de sécheresse.,et fcllcs vous offriront des galons verds unis quel­quefois des légumes et des fruits* On ne verra
plus de nombreuses troupes de chevaux mieux logés que tonsnoshabîtans qui vivent dans la mé­dio-viié absorber tous les logemens au rez-de­t haussée les boutiques s,eront moins resserrées. Un dosriesrique plus nombreux par lui formé à l'ordre, Vous rappellera les bien-, faits de constitution quand .vouslescompa­
de
de meurtres non poursuivis parce que vous dé.
fendez à la violence d'assrfssiner', et que vous permette à la frivole étourderie et à la légèreté
de tous nos. oisifs.
J'en ai dit assez, si* j'ai parlé àvotf£ coeur. Jd
la* population ordinaire de Paris.; tonteJa lian^
lieue youloit jouir du spectacle de la (édéxation j
jîect jour les gens àpiedfit <l('Tt»ndrelesvoitures; il n'y eut pas un accident. La inèiiie précaution prévint à toutes les fètes tous les genres de mal­heurs. Je me, rappelle qu'en la fin deinai',
un feu d'artifice assez mesquin fît de la pl.tce Louis XV et des boulevai ts ,>un vaste cjintM iére.
masse la mort de îooo personnes vous a'ijeiidus vol
lorsqu elles se font en détail. Je vous eii conjtir; ordonnez que depuis 177O on vous reride comjite
des accidens de ce genre. J'ai une voiture,
un
cabridetetquatrechevaux; je désire, Imesfrères, vous en faire le sacrifice sur l'autel de! la patriê
qu'ils soient vendus au profit de ceux qui vent
h moi de quel droit mon|. conductelir les a-t-it
effrayés, se rë^rés du mur? Moi-môjtne, eivçà-!
embarras>
fuis sûr d éviterle second. Ordonneslesacrifice
fois-à cheval, mais plus 'grades Villes,celui de. l'égalité et de l'obscurité. motion
«emblée Nationale ledécret suivant
L'Assemblée Nationale par les motifs
gA compter. • • • • • aucun citoyen pourra
aller eu <;uiross,e ou en cabrioletdans lés rues do
Cette défense sera également étendue a (toutes les villes dont la populationexcède 6000 aniee.
Sera cependant loisiJile aux citoyens d'aller en vcitures, carrosses ou cabriolets de toute espèce
(i) II m'appartientpas de faire le préambuled'une loi. ?,'il est si aisé de motiver et, de faire '
et de prendre leurfilé
voitures de transports jamaisconfondre
homme tête des chevaux >

iv.•"­
Au lieu des Voiturdl Je placés et des Vinai* jjréttés il près dans lesm<?me* carrefours tinnombre suffisantde chaises teurs dont la peine sera taxée par le* Municipa­lités et qui seront rangées à l'abri sous des ap­pentis ou hanoards. il sera affiché à chaque car»refour un tarif de la taxe.
Les porteurs de chaises prendrontleur Rie suif 1^ pavédesvoilures^sanspouvoiraller surletrottoir^ qui doit être réserve à la circulation libre et facile
des citoyens k pied toujours plus nombreux. La police des Municipalitésveillera à l'exécu-. tion des articles cirdassusdécrétés; elle pi'onon.­
cèrâ cent livres d'amende contre toute voiturQ euccntraventiondouzelivrescontre leschaisesk
sauf les au ires délits résultans des rixes.
»
Usera établi dans toutes les rues de vingt-quatrtf
pieds large, un trottoir de quatrechaque côté. Ce trottoir sera de six pouces plusélevé que la rue', et continuer
sur une pentf
rompu pour les portes
pour amener et sortir les Voitures
bras
des Ci dèyan^
déjàétablies.
Dans les de trénte piedsdelarge les
rues
trottoirsauront six pieds de chaque côté. Dans celles de trente-six* pieds ils auront pieds de large.
huit pieds. Jamais uu trottoir n'aura plus de huit pieds de
Dans le cas une rue n'aura pas yingt-quâfré piftds au lieu de trottoirs de quatre pieds
on
en fera de six pieds, de manière à ce, qu'il n' ait que la voie d une voiture comptée a neuf pieds.Efifin, lorsqu'unerue aura moins de vingtpieds,
|eudre l'entrée habituelle­vrira que pour les voitures de transports utiles au servicedecette rue etpourles
qui iront à la campagne ou qili'en reviendront.
vil"
Dorénavant il ne sera établi aucune rue dans Paris qui n'ait quarante pieds de largeur. Celles des villes de provinces dont la popu­excède dix mille âmes seront de trente^
enfince
n'entend rien préjuger;
pourra aller comme il voudra, et on ne pourra.
lui reproche* sa vitesse.
Les chevaux de selle, dans les rue et sur le passagedes voitures pourrontallerautrot mais
les cavaliers répondront',des açcidens qu'occa­
voitures et s'ils vont au galop ils seront piw nis d'un louis d'amende. Sur les chemins ils auront la plus entière liberté.

'' 1
Personne n'aura droit d'embarrasser les trot­toirs, soit par des tonneaux, inventaires, mon­tres de marchandises, établis, etc. soit par le, chevaux attachés devant la porte } et toutes
ces contraventions seront punies par des; règlent; îns de police.
2V. D. Quelques personnes m'ont observé 'ues'il étoit bon de faire aller à pied tous les oise xles ci-devant seigneurs et autres, cependant il existoit des hommes utiles pour qui les dis­tances seroient un obstacle^ comme tous C(ux qui enseignent les gens d'affairesmême les
médecins, etSttHout les chirurgiens j je les ~sa.jp
plie de vouloir bien IX décret n'ignore
au trot, et personne
ne peut étrë suivi
é'étonne 4e voir un
snrjtiis
Guénaud sur son cheval eik passant m'éclaboussé»
Cette considération ne peut donc être d'un grand prix.