L’autre
jour,
après que Pierre Laurendeau m’a renvoyé le fichier de Brimborions
et Coquecigrues pour d’ultimes corrections, je me désespérais
de ne jamais rendre un manuscrit impeccable. Sa réponse a consisté à me
renvoyer
cette Ode à la coquille que j’avais oubliée…
Merci, Pierre.
Merci, Pierre.
Ode à la coquille
Je vais chanter tous tes hauts faits,
Je veux dire tous tes forfaits,
Toi qu’à bon droit je qualifie
Fléau de la typographie.
S’agit-il d’un homme de bien,
Tu m’en fais un homme de rien;
Fait-il quelque action insigne,
Ta malice la rend indigne,
Et, par toi, sa capacité
Se transforme en rapacité.
Que sur un vaisseau quelque prince
Visite nos ports en province
D’un brave et fameux amiral
Tu fais un fameux animal,
Et son émotion visible
Devient émotion risible
Un savant maître fait des cours
Tu lui fais opérer des tours.
Il parle du divin Homère,
O sacrilège ! on lit Commère ;
L’amphithéâtre et ses gradins
Ne sont plus que d’affreux gredins.
Le professeur cite Hérodote,
Tu dis : le professeur radote ;
Puis, s’il allait s’évanouir,
Tu le ferais s’épanouir.
Léonidas aux Thermopyles
Montre-t-il un beau dévoûment,
Horreur ! voilà que tu jubiles
En lui donnant le dévoîment.





