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Il
y a huit ans de cela, une personne exerçant la profession de relieuse
se répandit en propos raciste sur Facebook, ce qui ne saurait étonner
désormais, tant l’impunité en la matière a progressé. À l'époque, cela
restait "malaisant". On aurait pu croire que, au contact de métiers de
la culture, la fraternité entre les peuples eût été sauvegardée, ce qui
signale votre Tenancier comme un utopiste voir un naïf.
Cette femme continue peut-être d’exercer, on s’en moque. Il nous faut tout de même redescendre sur terre et nous apercevoir que le milieu du livre est également truffé d’imbéciles racistes. Comme je le dis plus haut et plus bas, l’extrême droite était encore honteuse il y a huit ans. On fait, depuis, quelques régressions qui produisent de l’indifférence face aux énormités qui se répandent partout, y compris sur Facebook, où d’ailleurs beaucoup d’entre nous s’y font plus discrets. S’éloigner du bruit du monde, surtout celui-ci, si malsain, devient une nécessité de salubrité publique… (On a laissé la syntaxe et l’orthographe d’une certaine saveur utilisées par cette gardienne de la civilisation française…) RÉPONSE À UNE DESTINATAIRE ABSENTE Voilà, ce qui est écrit ci-dessous ne parviendra pas à sa destinataire de mon propre gré puisque je lui ai bloqué l'accès vers mon mur. Je ne destine cette réponse, en réalité, à personne. Il fallait que cela sorte. Mais après tout, cela vaut pour une prise de position à qui parcourrait ces lignes. _______________________________ « Cher Yves, vous êtes parti à la suite d'une conversation qui vous a déplu. » Ma réaction ne tient pas du déplaisir, mais de la désapprobation. L'insinuation se révèle souvent un marqueur idéologique. Cette pratique démontre que vous, par votre approbation de cette insinuation, et la personne qui n'ose proférer directement son accusation, êtes des lâches. Je désapprouve la lâcheté. « Vous m'avez laissé un message de trois kilomètres en MP (Messagerie privée) pour expliquer le melting pot qu'est votre famille et nous tous, ici avons à peu près le même melting pot. » Vous ne semblez pas en avoir fait votre profit, à moins que ce mélange familial vous indispose au point de renier ce qui fait le fondement de notre identité. Vous vous élevez sans doute au-dessus de votre condition et de vos liens, ou du moins les rejetez-vous. Il se trouve d'ailleurs que vous semblez renoncer à beaucoup de choses dans la suite de votre discours, ci-dessous. Quant au kilométrage, vous n'avez rien à m'envier. L'ennui réside dans le fait que je suis obligé de vous répondre phrase par phrase tant votre logorrhée est diffuse. « Ce sont les ... petits points qui vous ont dérangés derrière le terme l'expression "devinons qui". » Puisque je faisais allusion à la lâcheté plus haut, voici la phrase qui expose la minable rhétorique d'une extrême-droite encore honteuse. Il m'apparaît, à moi, que cette ponctuation (ces petits points étant des points de suspension, je précise) tourne à l'explicite non par ce qu'elle veut faire croire, mais bien par son utilisation normative. De manière générale, notre ami le facho procède de l'insinuation, il invite à deviner, ponctue, mais ne conclue pas. Conclure serait s'impliquer. Il faut reconnaître, à l'aune de cette réflexion votre franchise, puisque vous allez ci-dessous au casse-pipe à sa place. Toute cause a besoin d'un nigaud, vous remplissez brillamment la fonction. À d'autres endroits, cela s'appelle un « idiot utile ». « C'est pourtant une réalité, insidieusement, les idées de tolérance qui n'ont rien à voir avec l'ouverture d'esprit, ont fait place à une guerre idéologique que nous refusons, mais qui en face, existe bel et bien. » Nous revoici dans « l'insidieux », cousin germain du complot. Ainsi donc si je traduis bien ce passage, nous serions victimes de notre tolérance et vous êtes là pour tirer la sonnette d'alarme. Permettez ici que j'admire votre clairvoyance, vous qui vivez et travaillez à domicile, dans un village qui, au dernier recensement héberge trois cent huit habitants et dans un département dont la densité de population le renvoie au soixante-dixième rang sur le plan national. Il est certain que, vu de votre clocher, la situation française devient intolérable, avec tous ces immigrés qui envahissent vos rues et qui, insidieusement préparent votre Grand Remplacement. Comme je disais par ailleurs, on s'attend à ce que s'érige bientôt un casbah dans les rues de votre village. Je vous félicite pour votre aplomb. Moi-même, qui adore l'exagération, je n'aurais pas osé. « Ne rien dire sous pretexte de tolérance fait ce chiffre: en 2017 les viols de jeunes filles ayant atteint la majorité ont explosé: 30% en plus en France. » On a dû vous le dire, déjà, à l'école primaire : quand on veut examiner un problème, on lit bien l'énoncé avant de commencer. Le chiffre que vous écrivez indique un accroissement des plaintes pour viols et non un accroissement de cesdits viols comme vous le prétendez. Vous mordez la nuance ? Non ? Pourtant, c'est encourageant : ces femmes ont décidé de ne plus se taire. De toute façon, quand bien même vous auriez raison sur ce point, ce dont je doute fort, votre corrélation avec la « tolérance » provient encore de l'argumentaire d'extrême-droite la plus rassie. Car enfin, quelle est cette tolérance sinon celle qui serait décernée selon vos sous-entendus, à des immigrés ? Quels indicateurs, autres que la propagande, vous permettent de l'évoquer ? On aurait cru que l'imagerie de l'étranger violeur de nos filles et de nos compagnes était une connerie obsolète, du genre saloperie pétainiste... Mais au fait je réalise que votre charmant village n'est point trop éloigné de Montoire. Des nostalgies, ma chère ? « Alors je me tape de vous avoir perdu parce que vous n'avez pas apprecié mon adhésion à la thése de Thierry Guinhut, qui comme vous, est seul responsable de ces propos, comme vous. » Mais je m'en tape tout autant, savez-vous ! Seulement je m'étonne. Car il n'y a pas si longtemps vous me remerciez chaleureusement de : Vous avoir refilé de la bibliographie électronique. Vous avoir cité dans mon blogue. Avoir mis vos vidéos sur le même blogue. Vous avoir envoyé un client. Je constate que vous vous en tapez quand on ne vous sert plus. Quant à Thierry Guinhut dont je me moque bien, j'ai montré plus haut qu'il n'était pas si responsable que cela. « Un atelier de reliure est une ouverture sur le monde immense, et l'idéologie n'a pas sa place. » Qu'est-ce que ce serait, avec vous, si ça l'était ! « La culture, l'invitation à lire et à ouvrir grand les yeux, tout n'étant pas figé, congelé dans des frilosités d'adolescent attardé qui n'aurait pas digéré quelques rancoeurs passées, est une nécessité. Quelqu'en soit le prix à payer. » Je me dois ici de vous satisfaire ; je suis un frustré inculte et je dois sûrement, quelque part, être amoureux de vous ^^. Je comprends mal, après mes vives manifestations quotidiennes de frustrations, que vous vous en tapiez. Pour le reste : « La culture, l'invitation à lire et à ouvrir grand les yeux, » est consternant de banalité. Désolé. « ( j'en ai marre de voir des gens des pays orientaux me dirent ce qu'est mon métier alors que je suis un maitre artisan consciencieux, me manquer de respect parce que je suis une femme, indépendante, ce à quoi les mâles occidentaux leur suivent bon train les fesses .... en substance). » Pays orientaux : cela commence normalement sur la rive est du Bosphore. Vous devriez être plus précise. Admettons pour le plaisir de l'hypothèse qu'un obscur Qatari, un Ouzbek passant par là vous interpelle sur votre métier. Ne devriez-vous pas être enchantée, après tout ? Je puis vous assurer que mes contacts ne vont pas si loin et que, dans mon coin, les quelques personnes d'origine turque que je croise sont plutôt tranquilles et sympas. Ce sont des Orientaux avec lesquels je serais enchanté d'apprendre des choses, comme il en serait de même avec d'autres personnes, de provenance plus proche ou plus lointaine. Ah, je sais, je ne suis pas une « femme indépendante », cela me gêne. Mais, même en faisant un effort, j'ai du mal à m'imaginer des hordes d'Orientaux déferler devant votre porte, dans votre village, pour vous faire la leçon sur les bradels ou les pleins maroquins (quoique pour ces derniers, après tout...) Mais le fait que vous « en ayez marre » n'est après tout que l'expression d'une disposition naturelle. Vous vous plaignez à longueur de Facebook du malheur qui s'abat sur vous quotidiennement, comme si la Horde d'Or venait camper sur vos plates-bandes, ou bien que W9 était allumé en permanence sur votre téloche, ce qui doit revenir au même dans votre imaginaire. Ce discours victimaire qui traverse presque systématiquement vos commentaires cachent en vérité une âme bien petite. Vous transposez l'effet de vos propres maux dans un complotisme de pacotille. « Petit à petit vous faites le vide autour de vous, développant un esprit élitiste et intolérant, vous avez incendié une très bonne amie à moi, pour une publication approximative, de façon verte, vous mettant dans une situation d'élitisme intellectuel que précisemment vous rejetez en ce moment, une attitude qui consiste à dire: moi seul détient la vérité parce que je lis des livres que personne ne lit, des livres qui sont dignes de votre intéret puisque je les trouve digne d'intérêt: permettez moi de vous dire que vous me faites chier avec votre culture libertaire jusqueboutiste et que je ne donne pas cher de celle-ci face à l'islamisation douce qui est en train, en France, de faire sa place, avec des personnes de mon entourage qui parce qu'ils sont dans leur bulles, transportent dans tous les domaines, des preceptes graves sous couvert de tolérance à l'autre. » Par tous les dieux que cette phrase est longue ! Je décompose donc les diverses propositions, si vous le voulez bien. Je fais le vide autour de moi ? Nuance : je vire les personnes qui ne me conviennent pas, c'est-à-dire celles dont les propos ou les approbations agissent comme un émétique pour moi. Je m'empresse de vous rassurer, c'est très rare et il faut vraiment être très con, très raciste, ou trop facho pour m'impatienter. Vous voyez que vous avez droit à un traitement de faveur avec moi puisque réunissant les trois postulats vous êtes longtemps passée entre les gouttes. Oui, j'avoue, j'ai dit à une personne qu'elle transmettait une connerie sur mon mur. Je lui ai même transmis le lien qui démêlait la situation réelle de l'imposture. Par une sorte de transsubstantiation, elle a sans doute pensé que je la traitais de conne. Je me dis que les choses sont bien faites : un con prend toujours sur lui une maladresse alors qu'une personne ordinaire réagirait différemment. Quel repos que ce discernement qui vous évite l'embarras de qualifier un con ! Pour les livres : je ne donne aucun conseil de lecture, je ne parle pratiquement jamais de ce que je lis parce que ça me fatigue. J'interviens parfois sur les propos qui me parviennent, souvent pour m'amuser car, contrairement à vous, j'évite autant que possible de me prendre au sérieux sur un endroit comme Facebook. Les seules fois où je me mêle de parler d'un livre, c'est en manière de remerciement à destination des amis qui me les ont fait parvenir. Pour les « livres que personne ne lit », ça fera très plaisir aux quelques auteurs qui fréquentent mon mur. À ceux-là, je leur dis : laissez pisser, les amis, elle ne reviendra pas par ici. Il n'y a que moi à me défouler... Je vous fais « chier » avec ma culture libertaire jusqu'au-boutiste, hum hum ! Oui, cela à l'air, et vous vous êtes retenue depuis longtemps, vu ce que vous me dépaquetez sur les godasses. N'empêche, que cela vous convenait quand cela allait dans le sens de vos petits arrangements, relisez donc plus haut ! En résumé, comme faux-derche, vous vous posez un peu là. Moi, je trouve ça rigolo, en fin de compte. Tout de même, cela cadre bien mal avec mon « élitisme ». Vous savez, le milieu libertaire, toussa, ça ne carbure pas à l'élite (ou alors aux litres, et du gommé) mais plutôt à la fraternité, vous savez le truc qui permet aux hommes de se parler sans haine et sans crainte, j'vous l'jure ! Bon, après on repart dans le délire de l’islamisation et du grand remplacement vu de votre village de 308 âmes ! Je ne vais pas revenir là-dessus, je ne suis pas un obsessionnel comme vous. « Je suis ouverte d'esprit, entend beaucoup , essaie de comprendre mais en aucun cas, ne suis d'accord avec ce grand mélange qui fait dire que finalement les arabes ne sont pas aussi cons que l'Occident pendant 2000 ans a bien voulu nous le dire, même plus intelligents que nous, le zéro est indien: forcing, la loi du nombre a gagné, médiocrité ambiante des personnes de votre culture sous pretexte d'une culture originale ayant oublié les fondamentaux: le respect de l'autre, dans un sens comme dans l'autre. » Non, je suis désolé, vous n'êtes pas ouverte d'esprit. Je sais que vous aimeriez, mais je ne pense pas, quant à moi, que ce soit possible. Vous n'y arriverez pas. Ou alors je serais tellement étonné que ce jour-là sera un jour biblique, avec pluies de grenouilles, croix écarlates sur les vêtements, nuées ardentes et ressuscitation de Claude François (« ressuscitation », ça se dit comme ça?). Oui, je concède, le zéro, tout ça, il est pas arabe et gnagnagna. Que je sache, ça ne vient pas non plus d'un pedzouille de la Beauce. Accordez qu'eux s'en sont servi avant l'Occident. Pour le reste, des cons ? Allez donc faire un tour à l'Institut du monde arabe. Seulement, cela risquerait de heurter vos convictions et vous risqueriez de vous plaindre, encore une fois, et là ça nous fatiguerait. « Concrètement: l'argent est plutôt aux émirats arabes et aux pétroleux ... ils se paient notre patrimoine, nos artisanats d'excellence, nos universités ... quelle ne fut ma surprise quand ma fille m'a dit que dans le choix de sa collègue en première année de LEA, l'enseignement de la culture et civilisation islamique était obligatoire au second semestre étant couplé avec la culture et civilisation lusophone, quand la jeune fille en question n'a pas envie d'étudier ces langues puisqu'elle a choisi un autre domaine? Et des exemples comme ça sont légions. » Ah, mais, ma p'tite dame, ça s'appelle la culture générale, ce type d'enseignement. Ce n'est pas un truc à la carte. Vous voyez, vous me parliez d'ouverture d'esprit, de culture ? Eh bien voilà, paf, votre fifille est confrontée à ça. Un peu de perspective lui fera du bien, vous verrez. L'histoire permet de comprendre beaucoup de mécanismes culturels et sociaux. Suffit de s'y intéresser un tout petit peu. Ah mais, c'est vrai, il y a des musulmans là-dedans. Partant de là, irez-vous jusqu'à me dire que l'enseignement de Lubitsch au cinéma est dû au lobby juif ou que la prolifération des mangas préfigure une Invasion Jaune ? De grands jours nous attendent, car je sens que le monde des possibles s'ouvre par votre entremise ! Permettez-moi de songer que votre rejetonne, si elle se plaint à ce sujet, doit être une sacrée feignante. Je la comprends, l'occupation musulmane (en grande partie maghrébine d'ailleurs, et pas seulement arabe) fourmille de dates et de noms, de lieux aussi. Magnifiques ces lieux, d'ailleurs tant il est vrai que les hommes laissent leur empreinte dans le paysage. Mais Grenade ou Cordoue ne valent pas votre prieuré, n'est-ce pas ? Cependant je compatis, la contrainte est dure, qui veut que l'on apprenne pour mieux comprendre. « Partout sont effacés des traces de nos histoires, douleurs, plaies, et nous sont balancés le grand pardon occidental devant tant de méfaits envers les pays colonisés … » C'est vraiment le catalogue des griefs fachos. Tout y passe, les vilains musulmans, le sacrifice de l'histoire, etc. C'est hallucinant, lorsque l'on sait que nous sommes les champions en ce qui concerne les publications historiques, tant dans le domaine des revues que des collections. Nous possédons des chaînes historiques sur le câble, dont une détenue par celui qui doit avoir votre sympathie puisqu'il s'agit d'Éric Buisson. Arte et le reste du service public, radios, télé, ne sont pas en reste dans ce domaine non plus. Il faut arrêter de parler sans savoir, cela devient ridicule. Quant au colonialisme, je tomberais plutôt d'accord avec vous : ceux auxquels nous présentons nos excuses ne sont pas ceux à qui nous les devons. Mais cela demande un développement que je ne me sens plus la force, arrivé à ce stade, de faire. Lisez les classiques en la matière, bon sang ! « C'est une réalité parce que les gens ne lisent plus des écrits pointus généralistes mais tout le monde y va de son originalité à tout prix ... Lucien Polastron dans son livre "Livres en feu" parlent des quelques Trente mille volumes, récoltés par Origène Pamphile, Eusèbe, anéantis en Octobre 640, puis le calife Osma décide qu'il n'y aura qu'un seul coran de valable, brulant toutes les autres versions récoltées de façon orale ... le propagande a toujours été bon train et plus que la vision politique que vous semblez entendre, c 'est la vision concrète, les conséquenses de la grande pauvreté entretenue par nos gouvernants socialistes afin de pourvoir à leurs propres richesses qu'il faut lire ici: au final, tout le monde est perdant: juifs, arabes, chrètiens ... nous nous entretuons parce qu'il ne rentre en France que les déshérités de ces pays. » Promis, on passe rapidement sur l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492 sous le règne d'Isabelle la Catholique, la Sainte Inquisition, les autodafés. J'avais déjà dit quelque part que l'Inquisition avait un bilan carbone très négatif. On ne compte pas les bibliothèque brûlées au cours de l'histoire. Chaque fois qu'un couillon pense avoir le pouvoir, on y a droit recta : on brûle. Le calife Osma n'est pas le premier ni le dernier que je sache. Seulement, à vos yeux, il a le tort d'être Arabe. C'est lassant, votre façon de faire : ne prendre que ce qui vous arrange. Le reste, purée, j'ai du mal à comprendre. Qu'est-ce qu'un gouvernement socialiste vient faire là ? Et quelle est donc la vision politique que je semble « entendre ». Que je sache je ne m’entre-tue avec personne. Quand aux déshérités, je les préfère aux racistes. C'est bête, mais ça renvoie à l'énoncée de ma famille, l'autre fois. Les aïeux de certains n'étaient pas tous des lumières en arrivant en France mais au moins ils ont engendré des gens biens, tandis que les « Français de souche », moi je trouve que ça sent le rance. « Je préférerais qu'il entre des médecins, des universitaires, des professeurs qui se sont ouverts à nos cultures, plutôt que des personnes en situation de déshérance totale qui ne vont pas aider à redresser le niveau de la France déjà par terre et qui vont être des pièces sur un jeu d'échecs prosélyte. » La France est donc par terre — la pleurnicherie habituelle. Nous possédions, selon le FMI, en 2013, le huitième Produit Intérieur Brut (PIB) sur à peu près cent quatre-vingts pays. Je doute que cela ait changé si brutalement que nous nous retrouvions au même niveau que le Kiribati... Autrement, vous voici touchée par le syndrome Aznavour, avec cette histoire de tri à l'arrivée. Dites-moi, ma chère, avec votre nom d'origine germanique et considérant votre chiffre d'affaires, n'avez-vous pas peur que l'on vous renvoie en Bochie ? Parce que selon votre principe d'efficacité et comme vous pleurnichez incessamment sur vos soucis pécuniaires, voici une solution pour nous, Français, d'assainir notre « économie vacillante ». Je constate que la honte pour vous est un concept largement étranger. Vous êtes du genre à enfoncer quelqu'un, sans pitié, dans la merde dans laquelle il se trouve. En parallèle, vous nous servez une logorrhée victimaire, accusant les autres de vos impuissances et de vos limites. Le pire est attendu : votre immodestie transforme vos dires en obscénités. Vos associations d'idées sont en réalité des associations de malfaiteurs. Votre haine de l'autre conte assez votre détresse devant votre propre déshérence. Que l'on ne compte pas sur moi pour vous plaindre. Certains se noient en Méditerranée, vous, vous ne vous noyez que dans votre médiocrité. « Je souhaiterais aussi que les universitaires qui font la course à l'argent arrêtent de lecher la djellaba des commanditaires sous pretexte de tolérance et fassent de la place aux érudits et intellectuels écrivains arabes qui vivent un calvaire face à la misère intellectuelle de leurs pays. » Je souhaite quant à moi qu'un de ces intellectuels vous réponde un jour. Votre mot s'arrête là. Il était temps. Je n'ai rien d'autre à ajouter. |
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samedi 31 janvier 2026
Réponses à une raciste exerçant la profession de relieuse
dimanche 7 mars 2021
Le Tenancier a mangé trop lourd hier soir...
... il s'ensuit qu'il a rêvé être coincé pour l'éternité dans un ascenseur entre Duras et Angot.
lundi 5 décembre 2016
Une époque rêveuse
L’autre jour, le Tenancier, alors qu’il se
dirigeait vers le cagibi où il consigne les ustensiles et matériaux
utilisés pour réaliser les paquets qu’il devait expédier
l’avant-veille, leva les yeux dans le couloir. Ses yeux captèrent
furtivement l’affiche qui ornait l'emboîtage, au-dessus de l’étagère à
dévédés. Il contenait le film Top Hat
: Fred Astaire, Ginger Rogers. Le Tenancier est cinéphile à ses heures
mais fredonne également pour lui-même quelques chansons, dont celle du
film. Vous savez, « Heaven, I’m in heaven… », etc.
La chanson s’intitule Cheek to Cheek.
Irving Berlin, tout de même.
Il la chantonna donc, tout en rassemblant son matériel. Chanter, c’est bien, écouter de la musique, c’est plus mélodieux, surtout si l’on a déjà entendu le Tenancier. Il alluma alors la radio, France Musique en l’occurrence, ce samedi matin, pour écouter… six ou sept versions de la chanson qu’il fredonnait il y a à peine cinq minutes.
Avec toute la rigueur requise dans ce genre de circonstances, en toute objectivité, on est en droit de déclarer que le Tenancier de ce présent blog est un mutant. Un « précog », selon le jargon en vigueur dans la littérature conjecturale.
Et vous-mêmes, êtes-vous mutant ?
N’avez-vous parfois pas ressenti fortement une coïncidence dans la sourcilleuse succession de vos lectures et d’autre événement plus ou moins fortuits ?
Récemment, la lecture consécutive de La boîte en os d’Antoinette Peské (livre doté d’une préface boursouflée et inepte dans l’édition que j’avais entre les mains, qui n’est pas celle de Mac Orlan), de Titus d’Enfer de Mervyn Peake, le visionnage d’une émission sur ce mystérieux producteur, écrivain et mentor de Jacques Tourneur que fut Val Lewton, et le souvenir encore très vivace de La Féline, de ce même duo, avaient fait germé l’idée en moi que les années 40, avec leur cortège de destructions et d’horreurs, étaient également une époque mélancoliquement rêveuse et qui empruntait les éléments de sa rêverie à l’arsenal du Romantisme. Rappelons également que Le Seigneur des Anneaux fut rédigé durant cette décennie et en emprunte parfois les mêmes accents. D’une façon surprenante, ce monde fermé et voué à la destruction s’enfermait dans des récits qui faisaient appel à un effroi paradoxal, feutré, ou en proie à une étrange fièvre obsidionale. L’amateur de Romantisme fantastique n’y trouverait peut-être pas tout à fait son compte : pas de ces burgs ténébreux ou de ces enceintes sadiennes en forme de labyrinthe concentrique. Non, plutôt un univers traversé les yeux mi-clos sur des murailles hautement verticales, comme des somnambules sur le faîte d’un toit. Le monde d’alors rêvait dangereusement, en déséquilibre au-dessus du gouffre. Ainsi, fortuitement, j'avais lu ou rencontré une somme d'ouvrages qui formaient une collection d'impressions, comme si j'avais capté une rumeur dispersée, quelques fragments de l'inconscient d'une époque.
Bien sûr, cet inconscient ne traversait pas toute la littérature ou tout le cinéma, mais cette mélancolie aux relents fantastiques semble avoir pris une place importante. Peu à peu, en réfléchissant à ces sensations, on se prend à regarder les prémisses et les séquelles de l'époque avec un autre esprit.
Il est parfois intrigant de retrouver une série heureuse dans les lectures ou les visionnages, comme si le hasard vous menait par le bout du nez d’un coin à l’autre de votre bibliothèque pour vous insinuer des parfums. Parfums d’époque ou saveurs littéraires plus épicées, coïncidences, précognitions, conjectures et surtout rêveries dans une barque qui vous mène dans des bras secondaires et inattendus.
Quel lecteur n’a pas eu ce sentiment de suivre une voie impalpable, dictée par des caprices extérieurs à sa volonté propre ? Et, qui n’a pas eu la sensation diffuse d’être possédé par un étrange pouvoir de prolonger une saveur d’un livre à l’autre en ayant malgré tout abdiqué toute volonté dans leur choix ? Ainsi, le soupçon que le dieu Pan n’est pas mort nous vient à l’esprit. Thamus n’était donc qu’un gros menteur.
Le Tenancier, attentif aux augures et, après ce raisonnement, doute du pouvoir qu’il s’était hâtivement attribué.
Les cieux étant toujours cléments à ceux qui obéissent à leurs signes, par précaution, tout de même, il va apprendre à faire des claquettes.
Ce texte publié en janvier 2009 sur le blog Feuilles d'automne trouve une curieuse résonnance avec ce qui est récemment arrivé au Tenancier. La récurrence de la présence de Trieste dans sa vie intellectuelle (et même jusque dans son cercle familial) suscitait de nouveau quelques interrogations. Mais après tout, cette ville semble une contrée onirique aussi proche géographiquement que le Farghestan ou The Shire...
Toujours est-il que votre Tenancier n'a toujours pas appris à faire des claquettes, mais n'est plus libraire — sans savoir si cela a un rapport.
La chanson s’intitule Cheek to Cheek.
Irving Berlin, tout de même.
Il la chantonna donc, tout en rassemblant son matériel. Chanter, c’est bien, écouter de la musique, c’est plus mélodieux, surtout si l’on a déjà entendu le Tenancier. Il alluma alors la radio, France Musique en l’occurrence, ce samedi matin, pour écouter… six ou sept versions de la chanson qu’il fredonnait il y a à peine cinq minutes.
Avec toute la rigueur requise dans ce genre de circonstances, en toute objectivité, on est en droit de déclarer que le Tenancier de ce présent blog est un mutant. Un « précog », selon le jargon en vigueur dans la littérature conjecturale.
Et vous-mêmes, êtes-vous mutant ?
N’avez-vous parfois pas ressenti fortement une coïncidence dans la sourcilleuse succession de vos lectures et d’autre événement plus ou moins fortuits ?
Récemment, la lecture consécutive de La boîte en os d’Antoinette Peské (livre doté d’une préface boursouflée et inepte dans l’édition que j’avais entre les mains, qui n’est pas celle de Mac Orlan), de Titus d’Enfer de Mervyn Peake, le visionnage d’une émission sur ce mystérieux producteur, écrivain et mentor de Jacques Tourneur que fut Val Lewton, et le souvenir encore très vivace de La Féline, de ce même duo, avaient fait germé l’idée en moi que les années 40, avec leur cortège de destructions et d’horreurs, étaient également une époque mélancoliquement rêveuse et qui empruntait les éléments de sa rêverie à l’arsenal du Romantisme. Rappelons également que Le Seigneur des Anneaux fut rédigé durant cette décennie et en emprunte parfois les mêmes accents. D’une façon surprenante, ce monde fermé et voué à la destruction s’enfermait dans des récits qui faisaient appel à un effroi paradoxal, feutré, ou en proie à une étrange fièvre obsidionale. L’amateur de Romantisme fantastique n’y trouverait peut-être pas tout à fait son compte : pas de ces burgs ténébreux ou de ces enceintes sadiennes en forme de labyrinthe concentrique. Non, plutôt un univers traversé les yeux mi-clos sur des murailles hautement verticales, comme des somnambules sur le faîte d’un toit. Le monde d’alors rêvait dangereusement, en déséquilibre au-dessus du gouffre. Ainsi, fortuitement, j'avais lu ou rencontré une somme d'ouvrages qui formaient une collection d'impressions, comme si j'avais capté une rumeur dispersée, quelques fragments de l'inconscient d'une époque.
Bien sûr, cet inconscient ne traversait pas toute la littérature ou tout le cinéma, mais cette mélancolie aux relents fantastiques semble avoir pris une place importante. Peu à peu, en réfléchissant à ces sensations, on se prend à regarder les prémisses et les séquelles de l'époque avec un autre esprit.
Il est parfois intrigant de retrouver une série heureuse dans les lectures ou les visionnages, comme si le hasard vous menait par le bout du nez d’un coin à l’autre de votre bibliothèque pour vous insinuer des parfums. Parfums d’époque ou saveurs littéraires plus épicées, coïncidences, précognitions, conjectures et surtout rêveries dans une barque qui vous mène dans des bras secondaires et inattendus.
Quel lecteur n’a pas eu ce sentiment de suivre une voie impalpable, dictée par des caprices extérieurs à sa volonté propre ? Et, qui n’a pas eu la sensation diffuse d’être possédé par un étrange pouvoir de prolonger une saveur d’un livre à l’autre en ayant malgré tout abdiqué toute volonté dans leur choix ? Ainsi, le soupçon que le dieu Pan n’est pas mort nous vient à l’esprit. Thamus n’était donc qu’un gros menteur.
Le Tenancier, attentif aux augures et, après ce raisonnement, doute du pouvoir qu’il s’était hâtivement attribué.
Les cieux étant toujours cléments à ceux qui obéissent à leurs signes, par précaution, tout de même, il va apprendre à faire des claquettes.
Ce texte publié en janvier 2009 sur le blog Feuilles d'automne trouve une curieuse résonnance avec ce qui est récemment arrivé au Tenancier. La récurrence de la présence de Trieste dans sa vie intellectuelle (et même jusque dans son cercle familial) suscitait de nouveau quelques interrogations. Mais après tout, cette ville semble une contrée onirique aussi proche géographiquement que le Farghestan ou The Shire...
Toujours est-il que votre Tenancier n'a toujours pas appris à faire des claquettes, mais n'est plus libraire — sans savoir si cela a un rapport.
vendredi 26 août 2016
Triste Trieste
« Lâcheur est Trieste, hélas ! et j'ai lu tous les
livres. »
« Cela étant, il faut savoir que, à proximité de ladite ville, les panneaux indicateurs affichent "Trst".
Je pourrais vous en parler, cher Tenancier, j'anecdoterai sur le sujet... »
« Au contraire, cher Tenancier, je pense que voilà une trieste nouvelle. »
« C’est le moment que choisit Carlo Papucci pour griffonner mystérieusement sur un carnet d’écolier ce curieux message presque en forme d’anagramme qu’il me tend ensuite avec un air de conspirateur souabe :
George WF Weaver (28 juillet 2016 à 21:09)
« Cela étant, il faut savoir que, à proximité de ladite ville, les panneaux indicateurs affichent "Trst".
Je pourrais vous en parler, cher Tenancier, j'anecdoterai sur le sujet... »
Otto Naumme (29 juillet 2016 à 07:26)
« Au contraire, cher Tenancier, je pense que voilà une trieste nouvelle. »
Otto Naumme (5 août 2016 à 08:23)
« C’est le moment que choisit Carlo Papucci pour griffonner mystérieusement sur un carnet d’écolier ce curieux message presque en forme d’anagramme qu’il me tend ensuite avec un air de conspirateur souabe :
| T | T | T | T | T |
| E | R | R | R | R |
| R | I | I | S | I |
| G | E | E | T | S |
| E | S | S | T | |
| S | T | T | E | |
| T | E | |||
| U | ||||
| M | ||||
| (Latino) | (Italiano) | (Tedesco) | (Slovène) | (Sempre) |
Tout est dit là ! Au carrefour des cultures et des
langues, la ville-frontière cherche son unité et ne la trouve que dans une
sorte de tristesse qui durera (sempre) toujours ! Il me rappelle ainsi que
nous sommes dans une ville où, par dizaines, des adolescents romantiques se
suicidèrent, des écrivains abandonnèrent leurs noms et choisirent des
pseudonymes pour mieux s’intégrer, dans un endroit du bout du monde où la
douleur semble d’abord essentiellement métaphysique. »
Franck Venaille : Trieste (1985)
(Et pendant ce temps, la fille du Tenancier visite la ville...)
mercredi 3 août 2016
Où Trieste fout la paix au Tenancier...
L’autre fois, je vous causais de la persistance de l’apparition
de Trieste au gré des mes promenades littéraires. Depuis, je n’ai plus eu aucune
manifestation, comme si le fait d’avoir exposé cette étrange obsession l’avait
jugulée.
Bien, il suffit donc d’écrire sur ce blog pour en être débarrassé. Tant que cela reste dans nos domaines de prédilections, nous n’en demandons pas plus, n’est-ce pas ?
Bien, il suffit donc d’écrire sur ce blog pour en être débarrassé. Tant que cela reste dans nos domaines de prédilections, nous n’en demandons pas plus, n’est-ce pas ?
jeudi 28 juillet 2016
Trieste
Les coïncidences en matières littéraires abondent,
elles se
font parfois insistantes, à moins qu’au lieu d’évoquer le hasard on
accuse un
inconscient soudainement devenu réceptif à certaines stimulations. Tout
à coup,
des connexions s’opèrent, des substances chimiques dans le cortex sont
libérées, des paramètres exotiques se font jour dans le psychisme.
Autant
penser à cela plutôt qu’à un message divin ou de la CIA, ce qui me
porterait
fâcheusement à porter une calotte confectionnées avec du papier alu sur
ma
calvitie désormais triomphante. J’aurais l’air fin. Généralement, les
injonctions sont subtiles. On se dit « Tiens, c’est marrant, je
viens à
l’instant de finir son bouquin et voilà qu’il y a une émission sur
Tartempion » ou bien le coup de fils d’un pote inquiet :
« Ça
fait la deuxième fois qu’on apprend la mort de quelqu’un après que tu
ais
acheté son livre ». Mais pour cette dernière remarque, on se
réserve le
plaisir de vérifier une troisième fois à propos d’écrivaillons. J’ai
mes
listes.
Parfois, aussi, l’insistance se fait lourde, au point qu’on pourrait se prendre pour le héros de Rencontre du troisième type obsédé par une montagne…
Moi, c’est Trieste.
Au départ, l’allusion débute avec une habitude plaisante mais pas tellement assidue, celle de l’écoute de l’émission Ville-mondes sur France Culture. Le hasard du butinage sur le site de la station m’avait fait aboutir à l’écoute de l’émission en deux parties avec le sentiment diffus d’être tombé dessus déjà (le passage sur le karst ne m’était pas étranger). Pour le plaisir de vos esgourdes on vous convie à l’écouter :
Parfois, aussi, l’insistance se fait lourde, au point qu’on pourrait se prendre pour le héros de Rencontre du troisième type obsédé par une montagne…
Moi, c’est Trieste.
Au départ, l’allusion débute avec une habitude plaisante mais pas tellement assidue, celle de l’écoute de l’émission Ville-mondes sur France Culture. Le hasard du butinage sur le site de la station m’avait fait aboutir à l’écoute de l’émission en deux parties avec le sentiment diffus d’être tombé dessus déjà (le passage sur le karst ne m’était pas étranger). Pour le plaisir de vos esgourdes on vous convie à l’écouter :
Jusque là nous ne sommes pas dans le domaine de la coïncidence mais de l’heureuse rencontre. Ignare des écrivains de Trieste, de la ville même, l’appât est suffisant en y entendant l’évocation de Joyce ou de Stendhal pour que j’en fasse mon profit.
Peu de jours passent et je retrouve Trieste sur un écran de télévision, une émission d’Histoire relatant la difficile scission des habitants lors du rattachement de la ville à l’Italie au sortir de la guerre mondiale. Je passe rapidement car, pris par des obligations diverses, je ne pouvais m’y arrêter. Mais j’ai commencé à me dire « Tiens, c’est marrant… »
L’affaire se corse lorsque, exhumant quelques Magazine littéraire d’une caisse je feuillette le n° 227 consacré à « La France Fin de Siècle ». Quel rapport, me rétorquerez-vous ? Aucun si ce n’est que ce numéro contient également un article de quatre pages intitulé « Trieste, dernière escale »… aussitôt lu avec un intérêt flambant neuf. Eh bien, l’on note de nouveau la présence d’Umberto Saba ou de Quarantotti-Gambini, voire de Svevo, tous écrivains italiens que je connais fort mal pour ne pas dire pour certains pas du tout ! J’y apprends l’origine triestine de Leonor Fini, le passage des ombres de Larbaud ou de Rilke, la dèche de Joyce. Je m’inquiète surtout de ces signes répétés en si peu de temps. Pourquoi donc Trieste ? Non que j’y sois rétif mais quitte à m’intéresser à une ville italienne, ce serait plutôt Naples, par exemple…
Mais, de ces maigres connaissances, je perçois à
quel point
le lieu est une limite, une frontière cosmopolite et indécise une rencontre intéressante. Cependant
rien ne me permet de m’inquiéter encore : trois coïncidences
successives
peuvent arriver, le codage du simulateur de réalité dans lequel nous
vivons
n’est pas à l’abri d’accidentelles réitérations… J’ai bien vu, une
fois, des
dizaines de nuages identiques se côtoyer.
Il est des moments où on finit tout de même par jeter un coup d’œil par-dessus son épaule avec inquiétude. Ainsi, alors que j’allais chercher un ouvrage commandé chez mon nouveau libraire de neuf, je tombais sur une pile de livres de chez Allia en promotion. Si Les mémoires d’un travesti (attribuées à Erik Losfeld !) avaient attiré mon immédiate attention, la couverture d’un autre ouvrage dont le titre est — bien sûr — Trieste, par Roberto Balzen n’a pu que me saisir. Que faire sinon l’acheter et le lire ? J’avais rencontré Balzen dans l’article du Magazine littéraire, avec cette suite de notes qui emprunte le ton du tutoiement, évoquant le vent de Trieste, la Bora, qui rend fou, et puis aussi le souvenir des fonctionnaires austro-hongrois et de leur probité… On retrouve cette même nostalgie un peu désolée à propos de ces fonctionnaires dans l’émission de France Culture. Le texte est doté du charme déchu d’une miette d’empire, doté d’un humour exquis. Un livre qui reviendra de temps en temps sous mes yeux.
Il est des moments où on finit tout de même par jeter un coup d’œil par-dessus son épaule avec inquiétude. Ainsi, alors que j’allais chercher un ouvrage commandé chez mon nouveau libraire de neuf, je tombais sur une pile de livres de chez Allia en promotion. Si Les mémoires d’un travesti (attribuées à Erik Losfeld !) avaient attiré mon immédiate attention, la couverture d’un autre ouvrage dont le titre est — bien sûr — Trieste, par Roberto Balzen n’a pu que me saisir. Que faire sinon l’acheter et le lire ? J’avais rencontré Balzen dans l’article du Magazine littéraire, avec cette suite de notes qui emprunte le ton du tutoiement, évoquant le vent de Trieste, la Bora, qui rend fou, et puis aussi le souvenir des fonctionnaires austro-hongrois et de leur probité… On retrouve cette même nostalgie un peu désolée à propos de ces fonctionnaires dans l’émission de France Culture. Le texte est doté du charme déchu d’une miette d’empire, doté d’un humour exquis. Un livre qui reviendra de temps en temps sous mes yeux.
Est-ce que je cherche la petite bête,
dites-moi ? Est-ce
la soudaine fécondité de mon inconscient qui me met à l’affût de toute
allusion
à la ville ? Je décide de forcer le destin et commande — d’après
le même
article du Magazine littéraire — un
ouvrage de Svevo, un de Saba et celui de Franck Venaille sur la ville.
Il y a de
quoi conjurer le sort.
Les livres sont arrivés depuis peu (mon bouquiniste à Redon, curieusement, n’avait rien sur le sujet) et je n’ai pas encore eu le temps de les lire. Cela va venir forcément.
Visiblement cela n’a pas suffit. Le lendemain de la réception du petit colis (ouvrages payés à prix fort modique, d’ailleurs, mais je ne recommande pas ce site qui vient de me décevoir), ma fille me téléphone et me fait part de ses projets estivaux, dont celui de venir voir son heureux géniteur. Quel plaisir ! Et puis, juste après sa visite, elle ira faire une petite balade en Italie. « Ne me dit pas que… » Et si : Trieste, encore Trieste, toujours Trieste !
La répétition est devenue inquiétante et puis aussi un petit peu rassurante. Cette insistance ne peut être de mon fait à moins d’être un grand télépathe (ce qui m’étonnerait fort, vu mes fins de mois). Il y a certes l’empathie qui règne entre ma fille et moi, mais elle réside surtout dans l’appétence pour les films bourrins.
On finirait par trouver tout banal. Alors que je cherchais pour le travail quelques informations sur la vie de Casanova dans la biographie de Rives Child, je n’ai pas sourcillé cet après-midi même en croisant le chapitre intitulé « Errances qui le conduisent à Trieste ».
Cela fait trois mois que cela dure.
Je gage que la série n’est pas encore terminée, quoique le fait d’écrire un billet ici aura peut-être le don d’éventer toutes velléités du destin.
Mais on ne sait jamais, la Bora souffle peut-être jusque dans mes contrées.
Les livres sont arrivés depuis peu (mon bouquiniste à Redon, curieusement, n’avait rien sur le sujet) et je n’ai pas encore eu le temps de les lire. Cela va venir forcément.
Visiblement cela n’a pas suffit. Le lendemain de la réception du petit colis (ouvrages payés à prix fort modique, d’ailleurs, mais je ne recommande pas ce site qui vient de me décevoir), ma fille me téléphone et me fait part de ses projets estivaux, dont celui de venir voir son heureux géniteur. Quel plaisir ! Et puis, juste après sa visite, elle ira faire une petite balade en Italie. « Ne me dit pas que… » Et si : Trieste, encore Trieste, toujours Trieste !
La répétition est devenue inquiétante et puis aussi un petit peu rassurante. Cette insistance ne peut être de mon fait à moins d’être un grand télépathe (ce qui m’étonnerait fort, vu mes fins de mois). Il y a certes l’empathie qui règne entre ma fille et moi, mais elle réside surtout dans l’appétence pour les films bourrins.
On finirait par trouver tout banal. Alors que je cherchais pour le travail quelques informations sur la vie de Casanova dans la biographie de Rives Child, je n’ai pas sourcillé cet après-midi même en croisant le chapitre intitulé « Errances qui le conduisent à Trieste ».
Cela fait trois mois que cela dure.
Je gage que la série n’est pas encore terminée, quoique le fait d’écrire un billet ici aura peut-être le don d’éventer toutes velléités du destin.
Mais on ne sait jamais, la Bora souffle peut-être jusque dans mes contrées.
jeudi 9 octobre 2014
L'hiver
Votre Tenancier a passé la barrière depuis pas mal de temps.
Mais, dans sa jeunesse, il contemplait également l’avenir les yeux mi-clos dans
la jouissance anticipée de tout ce qui pouvait arriver. Même pas peur ! Il
lisait avidement ce qui lui tombait sous la main, allant généralement au
plus facile ou alors à ce qui ressortait d’une mystérieuse évidence : une
fièvre secrète qui présidait aux images induite par ses lectures et ses
visionnages. Images ou textes d’autant plus précieux que cela ne se livrait pas
si facilement, que la parcimonie entraînait à la répétition, à la réécoute, au « revisionnage »
y compris dans une rêverie entretenue par l’ennui. Cela se passait souvent au
seuil de la nuit et se prolongeait jusqu’au basculement vers le sommeil. L’hiver
était alors une saison propice à la prorogation de cette errance. Votre
Tenancier rêvassait alors à livre refermé et se prélassait longuement dans la
limite ténue qui précède le sommeil. Il en a parfois la nostalgie.
Parfois, cela revient : une image, un son. Au lieu de récriminer à cette raréfaction, votre Tenancier, les yeux légèrement clos, revoit cet avenir figé dans une stase, une sorte d’hiver qu’il voudrait voir durer. Et puis il appareille.
Parfois, cela revient : une image, un son. Au lieu de récriminer à cette raréfaction, votre Tenancier, les yeux légèrement clos, revoit cet avenir figé dans une stase, une sorte d’hiver qu’il voudrait voir durer. Et puis il appareille.
jeudi 2 octobre 2014
Du nez des nains...
Les années 30 furent une période de frénésie sexuelle dans
le cinéma américain. Jouant avec la censure, on vit nombre d’extases suspectes
et de conduites déviantes. Que l’on songe à Fay Wray dans King Kong — on
reviendra sur le sujet un jour — ou au sadisme du Comte Zaroff, parmi les
innombrables exemples qui ne se cantonnaient d’ailleurs pas au fantastique mais
débordaient également sur les screwball
comedies et autres types de films. Une création de 1937, universellement
reconnue comme un chef-d’œuvre de l’animation n’échappe particulièrement pas à
des essais de contournements de censure. Il s’agit de Blanche Neige et les sept nains. Nous avons certes en mémoire l’image
de la reine qui prend les traits de Joan Crawford déambulant dans des
catacombes dont l’aspect méphitique fut inauguré plusieurs années auparavant
par les images mortifères de la première vamp du cinéma, Theda Bara :
cadavres enchaînés, barreaux, cellules, accessoires de torture… on ne s’ennuyait
nullement dans les caves de Buena Vista et d'ailleurs. On passera sur la symbolique de l’assassinat
au couteau par le chasseur qui se trouve dans le conte originel et qui ne nous
apporte pas une jouissance particulière — sur le plan cinématographique,
voulons-nous dire… Quant à la symbolique de la pomme, nous renvoyons tout le
monde au visionnage du film.
Il est cependant une autre symbolique largement exploitée dans le film à plusieurs reprises et dont la scène inaugurale est si éloquente qu’elle se passe de commentaire. Il s’agit de l’utilisation du nez comme attribut sexuel. Expliquons-nous par l’image en signalant en préambule que Blanche neige arrive à la demeure des sept nains et croyant arrivant chez des enfants. Après une séance de ménage, fatiguée, elle s’endort en travers de trois des petits lits. Les nains arrivent dans le dortoir, pensant y trouver un monstre…
Il est cependant une autre symbolique largement exploitée dans le film à plusieurs reprises et dont la scène inaugurale est si éloquente qu’elle se passe de commentaire. Il s’agit de l’utilisation du nez comme attribut sexuel. Expliquons-nous par l’image en signalant en préambule que Blanche neige arrive à la demeure des sept nains et croyant arrivant chez des enfants. Après une séance de ménage, fatiguée, elle s’endort en travers de trois des petits lits. Les nains arrivent dans le dortoir, pensant y trouver un monstre…
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L’identification de la maturité des nains par le
jaillissement — dirions nous : « la turgescence » — des
appendices nasaux a fait la joie secrète de votre Tenancier alors qu’il
visionnait cela en compagnie de ses filles en bas âge. Depuis, elles ont grandi
et elles savent, le Tenancier n’a donc plus à se cacher ! Un autre passage
du film utilise encore le nez de façon fort éloquente, celui où Blanche Neige
embrasse le front de Grincheux. La conclusion de ce baiser et la direction
finale du nez nous informe éloquemment sur la sexualité qui règne là-bas.
Note qui n’a presque rien à voir : les images utilisées proviennent d’une version remastérisée. Nous soupçonnons que la maison Disney ne s’est pas arrêtée à cela et qu’elle a fait redessiner les personnages, leur prêtant de fâcheux caractères néoténiques. Sans doute un lecteur cinéphile saura nous confirmer la chose…
Note qui n’a presque rien à voir : les images utilisées proviennent d’une version remastérisée. Nous soupçonnons que la maison Disney ne s’est pas arrêtée à cela et qu’elle a fait redessiner les personnages, leur prêtant de fâcheux caractères néoténiques. Sans doute un lecteur cinéphile saura nous confirmer la chose…
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