mardi 24 novembre 2015

Incertitude

« Une liaison naturelle de la vertu avec le bonheur, et du vice avec le malheur, serait bien plus propre à remuer l’esprit mercenaire, que ne l’est sans une grâce efficace la persuasion des orthodoxes. Cette liaison sortirait toujours son plein et entier effet, puisqu’elle ne serait point soumise à une cause qui trouve quelquefois bon de déroger à ses lois, de les étendre, de les rétrécir, d’en hâter ou d’en retarder l’exécution ; d’en disposer, en un mot selon ses vues et selon la variété des circonstances. […] Mais en supposant une providence qui dispose de toute chose selon son bon plaisir, et avec une sagesse dont nous ne comprenons pas toutes les vues, on ne peut pas être certain qu’une bonne action sera utile, ni qu’une mauvaise action sera dommageable ; car on ne peut s’imaginer dans chaque rencontre particulière, que c’est un des cas où il plaît à Dieu de ne point suivre la loi générale de la récompense du bien, ou celle de la punition du mal. »

Pierre Bayle

(Merci à Didier Pemerle pour nous avoir mis cette citation sous les yeux)

4 commentaires:

  1. Texte bien pétri de la philosophie de Spinoza, que Bayle ne contribua pas peu à propager, via son Dictionnaire !

    Mais qui se souvient aujourd'hui de la querelle entre les tenants de la grâce efficace et ceux de la grâce suffisante, hormis quelques provinciales ?

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  2. Espèce de Fé[ne]lon ! Ainsi, vous chemineriez vers Dieu ?
    Soit-Il loué, plutôt la quiétude que le quiétisme !

    (Et je vous renvoie à Dalida, qui chantait si joliment Molinos, Molinos…)

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  3. J'avoue avoir du mal avec ce genre de textes un poil trop ampoulé à mon goût.
    Le pire étant qu'on arrive ainsi à faire aussi obscur qu'ampoulé.
    Puis bon, moi, les bondieuseries...

    Comme le dit ce cher George, Dalida, ça oui ! (je rigole, hein !)

    Enfin bon, nous pourrons bientôt en débattre, n'est-ce pas, cher Tenancier ?

    Otto Naumme

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