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(en angliche)
| Rue Vieille-du-Temple, l’Imprimerie nationale continue
d’occuper, d’encrasser, le noble hôtel de Rohan. Les chevaux du Soleil,
sculptés à la façade, s’ébrouent dans une décor de ballots, de vieux papiers,
dans une atmosphère d’encre et de poussière. En 1925 seulement, elle émigrera
rue de la Convention.
Elle imprime de tout, en dehors des paperasses officielles. Et, de ces locaux sordides, naissent de merveilleuses harmonies en noir et blanc, des modèles de clarté et d’équilibre. Le même soin est apporté à une affiche de ministère qu’à une impression de luxe. Cette année, précisément, pour d’éclectiques bibliophiles, L’imprimerie nationale a tiré l’Imitation de Jésus-Christ en même temps que deux ouvrages dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils n’ont aucun caractère mystique : Le Jardin des Supplices, de Mirbeau, et Parallèlement, de Verlaine. Trio assez singulier pour que s’en émeuve l’administration. Pudiquement, le ministère de la Justice, dont dépend l’Imprimerie, refusa son visa. Du coup, Arthur Christian, le directeur, sentit, bien que vieux routier de la politique, le sol céder sous ses pieds. Tout, d’ailleurs, finit par s’arranger. Les trois volumes parurent, sans la signature de l’Imprimerie nationale. Mais pourra-t-on empêcher que la marque en soit perceptible aux connaisseurs, ce mince trait, à peine visible, accolant la hampe des l minuscules, et qui est l’indicatif de la maison. |
| Contrairement à une idée reçue, Croc-blanc ne fait pas partie de la littérature de niche. |
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« Je me souviens de votre visage si
désolé quelques heures avant votre mort. Vingt-cinq ans après, vos larmes me
révoltent encore. Vous étiez épuisé d’avoir espéré trop longtemps quelque chose
qui ne vous sera jamais arrivé. Une vraie reconnaissance. Il se trouve que vous
me l’avez dit dans ce bistrot de la place Desnouettes. Vous répétiez “Je suis
foutu, je suis foutu…” J’avais en face de moi un homme éperdu de solitude et
d’angoisse. Je suis la dernière personne à qui vous avez parlé. Puis ce fut le
moment de se séparer. J’avais des enfants à coucher, un travail d’ouvreuse à prendre
vers huit heures du soir. Vous aviez du mal à me quitter » |
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