Un commentaire dans le dernier billet
de la part de notre
cher George revient sur le sujet du super-héros : « Tenancier,
jetez donc un œil sur la série The
Boys, qui au rebours de Leni Rifenstahl présente les
super-héros comme
des nazis (et non l’inverse). »
Or, je ne vois pas ce qui distinguerait ceux-là des autres puisque le
super-héros est précisément d’essence fasciste ou en tout cas qu’il
recoupe
assez de suspicions en ce sens. La typologie du héros que la « populace
» tente de
faire
descendre de sa retraite pour mettre de l’ordre dans la cité, la
description de
ses actes qui le coupe justement de la polis,
l’exacerbation de ses pouvoirs qui ne font pas du personnage un héros
gréco-latin
comme Jason ou Ulysse portés par les caprices de l’Olympe, mais bien
plutôt l’image
du guerrier solitaire, le Berseker, transcendé par l’amok, dénué
d’empathie,
toute cette somme de signes peuvent s’interpréter dans le sens du
prototype de
héros fasciste. Bien entendu, tout amateur des histoires DC Comics,
Marvel, ou
d’autres n'est pas un nazi en puissance, loin de là (je ne tiens
pas à me
faire casser la gueule par Pierre!).
On se pose néanmoins la question de l’envahissement de l’image d’un
certain
type de sauveur à la fois sur les écrans et dans les livres ; pour ces
derniers, des
traces existent depuis longtemps, comme dans les romans d’Abraham
Merritt dans
le domaine des littératures dites de « l’imaginaire ». Or,
cher
George, on a tendance à trouver dans notre coin que votre remarque nous
semble
furieusement pléonastique puisque nous considérons que tout détenteur
d’une
puissance extraordinaire pourrait céder à la tentation du fascisme, que
ce
pouvoir se révèle métaphorique comme dans les comics ou dans la
réalité…
dimanche 23 mars 2025
vendredi 14 mars 2025
Super héros
Il semble que d’étranges démons
rôdent autour de nous, qu’ils ont subverti une certaine vision de notre
univers
sensible, ce qui articulait certains aspects de notre culture, qui
fondait le
sens de nos relations, celles régissant le fonctionnement du groupe.
Peu à peu,
la ruse d’Ulysse et de ses compagnons a été remplacée par l’incarnation
d’une
surhumanité qui s’absoudrait de façon soudaine de la commensalité au
profit d’une
mission : héros Marvel, genré
jusqu’à l’absurde, ou Berseker flinguant à tout va sur des
« victimes
innocentes », selon la prose en vogue. D’ailleurs, qu'évoquerait l'idée d'une « victime
coupable » ? Serait-il plus justifié que celle-là meure,
établissant une
hiérarchie de la mise à mort ? L’invasion jusqu’à l’écœurement des
supers
héros produits de manière industrielle n’attend plus que sa
reproduction
industrielle également, jusqu’à ce qu’ils s’emparent du monde par leur
représentants. C’est en cours.
Certains n’ont pas compris. Nous les avons déjà eus, ces héros-là, ces sales cons qui se frayent un chemin à travers l’humanité par la force et les coups de poing dans la gueule. Ils s’exaltent dans la guerre au prétexte qu’ils défendent la paix, oxymore favori des salauds : « L’Empire c’est la Paix », « Le Travail c’est la Liberté », etc. Mais la paix pour elle-même, mais la culture, mais la douceur de vivre…
Dehors, il fait beau. Combien de temps vais-je encore en profiter avant que des ordures viennent brener sur mes bégonias au nom de la Force, du Droit, de la Justice, inférant qu’elle n’est pas la même pour tout le monde ? Combien de temps encore vais-je goûter le bleu du ciel ?
(Illustration d'Andreas Englund)
Certains n’ont pas compris. Nous les avons déjà eus, ces héros-là, ces sales cons qui se frayent un chemin à travers l’humanité par la force et les coups de poing dans la gueule. Ils s’exaltent dans la guerre au prétexte qu’ils défendent la paix, oxymore favori des salauds : « L’Empire c’est la Paix », « Le Travail c’est la Liberté », etc. Mais la paix pour elle-même, mais la culture, mais la douceur de vivre…
Dehors, il fait beau. Combien de temps vais-je encore en profiter avant que des ordures viennent brener sur mes bégonias au nom de la Force, du Droit, de la Justice, inférant qu’elle n’est pas la même pour tout le monde ? Combien de temps encore vais-je goûter le bleu du ciel ?
(Illustration d'Andreas Englund)
vendredi 7 mars 2025
Où le Tenancier à l'occasion de jeter un coup d'oeil en arrière...
Votre Tenancier ne se trouve pas si nostalgique que cela, mais
aime se souvenir parfois. Son passage à Radio Libertaire en
fait partie et qui de mieux pour évoquer cette période pionnière qu’un
de ses
fondateurs ? Floréal s’en charge sur les antennes de cette même radio
dans l’émission
« Pas de quartier » il y a peu de jours. Comme on n’a pas
l’âme d’un
ancien combattant, on se satisfait d’en être sorti autant que
d’en avoir
fait partie. On en est même un peu fier. On a d’ailleurs arrêté trop
tard d’y conduire des émissions,
considérant avec le recul qu’y perdurer finissait par devenir du fonctionnariat ou du narcissisme (de
1982 à
2000, même s’il se produisit des interruptions). On en garde des bons
souvenirs. C’est ce qui compte.
Ah oui, au fait : les propos de Floréal sont passionnants.
Vous trouverez l'entretien ici.
Son blogue à cet endroit.
Et la page de l'émission là.
Ah oui, au fait : les propos de Floréal sont passionnants.
Vous trouverez l'entretien ici.
Son blogue à cet endroit.
Et la page de l'émission là.
mercredi 5 mars 2025
L'ami de Lorde
C’est entendu, la fréquentation
abondante des dictionnaires
est une manie de vieux, ce qui fait croire à votre Tenancier que sa
sénescence
a commencé tôt. À sa décharge, il s’agit plus souvent de dictionnaires
biographiques
tels que le Vapereau (on en possède trois éditions, dont on s’amuse de
temps en
temps à remarquer l’évolution de l’entrée Bazaine
dans les volumes de 1858, 1870 & 1880, par exemple !) L’on
détient
également quelques éditions du Bitard et deux ou trois volumes des
albums
Mariani. À tout cela se greffe quelques machins épars, le tout parfois
usé à
cause de l’usage répété jusqu’à notre époque par les possesseurs
successifs.
Tout ceci a servi ses recherches bibliographiques, ce qui excuse un peu
la
manie de vieux, assumée par ailleurs. Quelques entrées, souvent
rédigées par
les concernés eux-mêmes se révèlent d’une mauvaise foi réjouissante.
On est tombé la veille de la rédaction de ce billet sur André de Lorde, comme ça en feuilletant et, même si l’entrée ne se révèle pas la plus brillante, il a paru au Tenancier amusant de reproduire l’article datant de 1934 paru dans Ceux dont on parle, aux éditions de la Vie Moderne…
On est tombé la veille de la rédaction de ce billet sur André de Lorde, comme ça en feuilletant et, même si l’entrée ne se révèle pas la plus brillante, il a paru au Tenancier amusant de reproduire l’article datant de 1934 paru dans Ceux dont on parle, aux éditions de la Vie Moderne…
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lundi 3 mars 2025
Une historiette de Béatrice
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