| Une
question hante actuellement les animateurs de radio ou
de télévision, insinuant que la création agirait comme une thérapie.
Cette
interrogation démontre à quel point nous avons raison de traiter ces
interviewers « d’animateurs » et non de journalistes.
Ceux-là sont curieux et opèrent sur diverses sources, or en mettant en
avant,
presque à chaque occasion, l’idée d’un exorcisme dans le travail de
création,
on devine implicitement que cela concerne cette espèce de littérature
qui ne se
révèle pas autre chose que l’adaptation « littéraire » d’articles pour
magazine féminins (pêle-mêle : le deuil, l’anorexie, l’inceste,
etc.) Le
fait de savoir que cette littérature existe ne nous dérange pas
particulièrement, la grosse artillerie éditoriale en fait son beurre,
tant
mieux, tant pis, on s’en moque. Au sujet de l’exorcisme ou de la
thérapie par l’écriture,
on connaît l’influence de psychiatres paresseux sur une bourgeoisie qui
s’emmerde :
« Écrivez ce qui
vous hante » supplée
à une imagination quelque peu défaillante… Il arrive que certains de
ces « auteurs »
gaffent et avouent ce qui a provoqué ce prurit d’écriture. Comme
lesdits
animateurs ont l’air de fréquenter les mêmes psys, nous nous retrouvons
devant
la piètre alternative, en allumant le poste, du choix de notre
poison :
veuvage, anorexie, inceste, le tout sur fond historique, si possible.
Quant à
nous, derrière ce clavier, à la question d’un exorcisme pour ce qui
concerne
notre production, nous n’aurions qu’une seule réponse :
« Qu’est-ce que ça peut
vous foutre ? » Autant le dire ici. |
samedi 7 février 2026
Qu'est-ce que ça peut vous foutre ?
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Aux commentateurs qui insinueraient que je suis de mauvais foi, je leur donne raison. Vous pouvez passer à autre chose...
RépondreSupprimerCher Tenancier, je vous trouve de mauvaise foi.
SupprimerMais qu'est ce que ça peut me foutre ?
Otto Naumme (qui ne recule jamais devant une facilité)
" Le tenancier est beau quand il est de mauvaise foi ", elle était facile aussi. Ne me remerciez pas.
RépondreSupprimerMerci !
SupprimerOtto Naumme (qui d'autre ?)
Poser cette question, Tenancier, c'est certainement un aveu d'impuissance créative.
RépondreSupprimerArD
"Cette littérature existe...".
RépondreSupprimerQui, un peu sensible aux encres véritables, n'a pas été saisi de vertige en entrant dans une librairie ?
Cet empilement de marchandises, dont la majorité est une insulte à l'arbre qui fut coupé pour former leurs pages, est comme un fade dégueulement sur les épaules et l'âme de celui qui, effaré, parcourt les rayons de ces ultimes refuges.
Pierrot