dimanche 26 juillet 2026

Une consolation

L’autre jour, après que Pierre Laurendeau m’a renvoyé le fichier de Brimborions et Coquecigrues pour d’ultimes corrections, je me désespérais de ne jamais rendre un manuscrit impeccable. Sa réponse a consisté à me renvoyer cette Ode à la coquille que j’avais oubliée…
Merci, Pierre.
 
Ode à la coquille
 
Je vais chanter tous tes hauts faits,
Je veux dire tous tes forfaits,
Toi qu’à bon droit je qualifie
Fléau de la typographie.
S’agit-il d’un homme de bien,
Tu m’en fais un homme de rien;
Fait-il quelque action insigne,
Ta malice la rend indigne,
Et, par toi, sa capacité
Se transforme en rapacité.
Que sur un vaisseau quelque prince
Visite nos ports en province
D’un brave et fameux amiral
Tu fais un fameux animal,
Et son émotion visible
Devient émotion risible
Un savant maître fait des cours
Tu lui fais opérer des tours.
Il parle du divin Homère,
O sacrilège ! on lit Commère ;
L’amphithéâtre et ses gradins
Ne sont plus que d’affreux gredins.
Le professeur cite Hérodote,
Tu dis : le professeur radote ;
Puis, s’il allait s’évanouir,
Tu le ferais s’épanouir.
Léonidas aux Thermopyles
Montre-t-il un beau dévoûment,
Horreur ! voilà que tu jubiles
En lui donnant le dévoîment.

jeudi 23 juillet 2026

Peut-être que ça ressemble à de la sauce tomate...

Où en est le Tenancier dans ses petits projets d’écriture? Eh bien pas très loin, si l’on se place dans l’optique de l’avancement des travaux. La troisième mouture d’un roman — processus d'élaboration normal, de nombreux passages devenant nécessaires avant quelque chose de présentable — est en sommeil après son premier chapitre dans un bloc de papier A4, quadrillé 5x5 de marque Oxford, 160 pages (on utilise aussi un stylo-bille à gros diamètre doté d’une recharge grande capacité Parker, encre noire, pointe fine). Nul ne sait s’il sera lu par quiconque, d’ailleurs, dans le cas où on l’achèverait. Bien sûr, la canicule est impliquée dans cet arrêt des travaux, ainsi que d’autres embarras. Admettons le roman achevé, remanié, tapé au propre sur une mise en page lisible et exempt de coquilles (on peut toujours rêver). Que faire ensuite? Attaquer un nouveau texte sous forme de nouvelle ou de roman, pas forcément autour du Fleuve? Pas tout de suite. Votre Tenancier chéri se prépare à un exercice pervers auquel il s’est déjà prêté par le passé. L’achèvement, du manuscrit en cours — ce qui reste une annonce sous toutes réserves — coïncidera avec la parution du troisième recueil du Fleuve vers le mois d’octobre. Pour l’occasion, il va s’adonner à la relecture de toutes les histoires dans l’ordre chronologique qu’il leur a attribué. Si ce qui relie ces récits semble assez lâche, la nécessité de se remettre en mémoire certaines caractéristiques permet de ne pas se contredire de façon trop flagrante, même si, après tout, de petites erreurs accentuent parfois la sincérité d’une histoire. L’exercice devient curieux à la longue. On a le sentiment que tout cela a été rédigé par un autre ou un double de soi, accroissant ainsi le syndrome de l’imposteur et parfois, au contraire, l’étonnement sur ce que l’on a pu produire. Mais quel auteur se relit? Sans doute, celui qui œuvre dans le cycle d’une longue élaboration, autour d’un univers où d’ailleurs, ledit univers ne constitue pas l’essentiel des récits — autant s’adonner alors à la cartographie, ce qui semble une aporie pour tout ce qui concerne le Fleuve, on y reviendra un d’ces jours… Cette partie de l’écriture s’inscrit donc dans une projection au sujet d’un monde ouvert et surtout dans une temporalité qui ne connaît pas l’échéance d’une parution, mais plutôt des potentialités annoncées par cette relecture. En effet, la révision se révèle comme une préparation pour les travaux futurs. Au mois de juillet de l’année dernière, on avait cuisiné dix-sept litres de sauce tomate avec les courses du marché. Le tout avait été réparti en barquettes de 50 cl dans le congélateur maison. On en a joui toute l’année. On s’apprête à récidiver cette année. Peut-être faut-il considérer le Fleuve comme une sorte de sauce tomate avec une préparation et une remembrance de la recette de base. Il faut y retourner pour maintenir la qualité. Ou peut-être que le Tenancier cherche à se rassurer. Allez savoir…

La chronologie du Fleuve se trouve ici.

mercredi 22 juillet 2026

Une historiette de Béatrice

« Vous avez une étrange façon de classer vos livres, ce ne serait pas plus simple de tout mettre par ordre alphabétique ? »
Il m’avait demandé du Péguy, et je venais de me déplacer du coin poésie, au coin prose, en passant par le coin correspondances.

lundi 20 juillet 2026

Où il est question de fleuve, d'écriture et de doute.

« Vous écrivez et vous écrivez et personne, personne au monde ne comprendra ni ce que vous voulez dire ni ce que vous avez donné d’effort, de sang, de sueur. Et à la fin vous direz : c’est comme si j’avais ramé toute ma vie dans un bateau, sur un fleuve immense, dans un brouillard impénétrable… Et vous ramerez et vous ramerez et jamais, jamais vous ne verrez un poteau sur les rives invisibles pour vous dire si vous montez le fleuve ou si le courant vous entraîne… Et vous connaîtrez la disette ; les nuits froides, faute de couvertures ; les viandes amères et le sommeil hanté de regrets. Et vous ne trouverez jamais, jamais pendant toute votre vie, une âme pour vous dire si vous êtes le plus grand génie du monde… ni non plus si vous êtes le dernier, le plus infect descendant de Ponson du Terrail… »
Joseph Conrad à Ford Madox Ford, cité par Claudine Lesage in : Joseph Conrad et le Continent (2003)

samedi 4 juillet 2026

Tacatactacatacatac


in : Elle court, elle court la banlieue (1970) ici avec la délicieuse Marthe Keller
(et aussi Ginette Leclerc)

mercredi 1 juillet 2026

Un dissident du bon goût

On s'empresse de vous communiquer l’existence d’un entretien avec Pierre Laurendeau, écrivain montagnard et pornographe, éditeur et directeur de collection, contempteur des libraires lecteurs de Télérama, ce en quoi, de ce côté-ci du clavier, on lui donne entièrement raison ! Accessoirement, il a publié quelques ouvrages de votre serviteur.

Pierre Laurendeau : « J’accueille les dissidents du bon goût » Propos recueillis par Céline Maltère
Site Littératures & Cetera