mercredi 25 octobre 2023
mardi 24 octobre 2023
Paf, dans ma bibliothèque !
J’y ai fait allusion à plusieurs
reprises dans ce blogue :
« L’homme heureux n’a
pas de chemise ». Je
ne sais pas d’où cela vient, mais ce proverbe me plaît, même si du côté
vestimentaire je n’ai pas à me plaindre, tout en étant préservé du
malheur
(croisons les doigts). Mais pour les possesseurs de livres, existe-t-il
aussi
un précepte autant inepte ?
Assurément, on en a vu passer lors du confinement tandis que les
libraires
avaient été contraintes de fermer : déclarations connes sur la
liberté — ou
la libération — liée au livre, comme si Mein Camphre
ou autre truc de ce genre n’avait jamais existé. Bref,
dois-je craindre un accroissement des emmerdements en accumulant les
volumes
ici et là ? Eh bien,
cela risque fort d’arriver au bout d’un moment avec notre maison qui
n’en
pourra mais sous le poids. Pour l’instant, pas de craquement suspect.
On reste
serein. Tout de même, il convient de se méfier du bonheur des autres,
qui, se
sentant légers, se défaussent encore plus sur les amis, tel celui-ci,
amoureux
au point d’en perdre des kilos, se libère également de nombre de livres
de sa
bibliothèque. À nouvel homme, de nouvelles perspectives, et bien
dégagées s’il
vous plaît ! Voici
les rayons qui se vident et mes bras chargés d’une pile : pas
moins de
dix-neuf livres à « rentrer » (comme disent les
libraires d’occasion et les bouquinistes) !
Bigre, vais-je m’amuser à chroniquer ici tout cet arrivage d’une
traite, vous
infliger un placard indigeste, d’autant que je vous tiens la jambe
depuis
environ 1500 signes avec mon babil ?
Allons, je vais me montrer raisonnable et vous appâter par deux
ouvrages non
négligeables :
Oui, c’est bien le reprint complet de
la revue chez
Jean-Michel Place, superbe et à l’état neuf. Petite bouffée de
nostalgie puisqu’il
m’est arrivé de voir circuler les originales dans un passé qui
s’éloigne de
plus en plus. Que dire de plus, sinon que je biche ce genre de
publication !
Puisqu’il est question d’édition
originale, voici un des 925
exemplaires sur vélin ivoire de cette « édition
publique » de
Cendrars. Cette publication a fait un peu polémique à l’époque, en
1997, en
raison de la rareté du document-source et donc de l’attente qu’il a
suscité.
Parfois, le prodige d’une réapparition peut faire douter. On a en
mémoire, vers
la même époque, d’un roman inédit à l’histoire miraculeuse[1]
et pour
lequel on continue ici et là à concevoir des doutes, sans preuve
concluante,
mais avec le chiffre d’affaires d’un poids lourd de l’édition. Pour
revenir à
cette Légende de Novgorode, sa page Wikipédia
fait état des polémiques qui courent encore. Tout ce qui prête à une
enquête
sur la nature matérielle de la publication, la codicologie,
donc, reste passionnant. Tant que les « raretés » ou les manuscrits
sont
gardés hors de portée des spécialistes, le scepticisme demeure la
règle… On
accueille donc ce volume avec un certain plaisir, celui de lire du
Cendrars, ou
celui de conserver peut-être un faux, sachant que les deux peuvent se
confondre. La couverture de celui-ci était légèrement tachée, mais rien
qu’une
gomme blanche n’a pu enlever. L’on a vu également des exemplaires du
tirage de
tête nous passer sous le nez avec l’eau-forte d’Alechinsky. Les livres,
cela
existe aussi pour rêver ou se souvenir, un épisode mélancolique,
parfois.
La suite un peu plus tard…
La suite un peu plus tard…
[1] Paris au xxe siècle, de Verne.
Le Surréalisme au service de la Révolution, numéros 1 à 6, juillet 1930 à mai 1933, colleciton complète — Jean-Michel Place, 2002
Blaise Cendrars : La légende Novgorode — Fata Morgana, 1997
lundi 23 octobre 2023
Bibliographie commentée des Minilivres aux éditions Deleatur — 07
Jacques-Élisée Veuillet
La lettre close
Angers — Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages,
dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en octobre 1995
sur
les presses de Deleatur pour le compte de quelques amateurs
Le
Tenancier : Voici un texte qui possède une saveur
poétique que l’on retrouve jusque dans le nom de son auteur. Cette
prose séduit
le Tenancier par sa précision, son choix des mots et son approche très
allusive
jusqu’à son terme. Quel beau récit ! Mais qui est donc
Jacques-Élisée
Veuillet ? Je sais par le catalogue de Deleatur que ce n’est pas
sa seule
production, mais qu’elle est parcimonieuse. Pourquoi ai-je une
sensation de
familiarité avec lui, cette envie de lui emboîter le pas ? Comme
cette
histoire est curieuse, comme cette rareté est regrettable ! Y
a-t-il
suffisamment de matière pour qu’on puisse regrouper ce qui a été publié
et ce
qui pourrait l’être ?
Pierre Laurendeau : Cher Tenancier, ton vibrant hommage au texte de Jacques Veuillet me va droit au cœur ! J’ai fait sa connaissance en 1972. Il figurait comme éditeur de référence dans l’anthologie des Poètes singuliers du surréalisme et autres lieux, de AV Aelberts et JJ Auquier, parue en 10/18 (1971) – complément indispensable à L’Anthologie de l’humour noir d’André Breton !
Je lui avais adressé un manuscrit, un vrai, écrit à la main par un gaucher contrarié. Il m’a répondu par une lettre aimable, précisant qu’il avait été sensible à l’énergie d’un jeune poète un peu rebelle mais qu’il me conseillait, pour être lu, d’acheter une machine à écrire. Ce que je fis séance tenante, y consacrant l’argent de mon activité d’été d’arroseur de pelouses aux HLM de la ville d’Angers. J’eus le culot d’aller le voir chez lui – son adresse figurait dans le livre – imaginant, à dix-neuf ans, un vaste complexe de bâtiments où s’activerait une nuée de secrétaires et autres commis d’édition. Je découvris un appartement certes bien agencé mais particulier, où Jacques me reçut avec amabilité et, je pense, un certain amusement. Il était très lié aux surréalistes et aux poètes du Manifeste électrique (Bulteau, Messagier, Pélieu…). Il m’offrit plusieurs ouvrages, que j’ai conservés. Sa marque d’éditeur – activité totalement clandestine – s’appelait Première Personne. Il avait alors publié deux livres : Clément Magloire-Saint-Aude, Dialogue de mes lampes, avec des gravures de Camacho, de Wifredo Lam et la première d’Hervé Télémaque[1]. L’autre : Sang de Satin, de Michel Bulteau, était illustré d’une magnifique gravure de Jacques Hérold, dont il était un ami proche.
Chaque fois que je venais à Paris, j’allais le voir. Il était toujours disponible et orientait mes lectures : il me fit découvrir, entre autres, Les Vanilliers de Georges Limbour et Peter Ibbetson de George du Maurier.
Il me fit un éloge sincère – je pense – de mon premier livre, une pièce de théâtre marquée par mes lectures surréalistes, notamment Jean-Pierre Duprey : Moche ou la Quête du Rabot, que je vais rééditer prochainement pour fêter les cinquante ans de la première édition.
Lorsque parut au Soleil noir La Victoire à l’ombre des Ailes de Stanislas Rodanski, auteur que j’avais repéré dans l’anthologie d’Aelberts et Auquier, je découvris au fil du texte un certain Jacques Veuillet que Rodanski tour à tour encensait ou vouait aux gémonies. Je demandai à Jacques si c’était lui. Il me fit alors la confidence de ses années de jeunesse à Lyon, de son amitié « toxique » avec Rodanski[2] et de son rejet final lorsque Rodanski lui lança un appel à l’aide désespéré, juste avant de se présenter à l’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu, où il restera toute sa vie.
En 1983, je proposai à Jacques d’intégrer le « consortium » Deleatur pour y poursuivre son activité éditoriale, notamment les textes de Rodanski dont il possédait un grand nombre[3], dans des cartons – ceux publiés par Le Soleil noir provenaient de Julien Gracq, chez qui Rodanski abandonnait des textes quand il venait à Paris – ainsi que chez Jacques Hérold. De Rodanski, parurent chez Première Personne nouvelle formule : Spectracteur, puis Le Journal d’Arnold, La Montgolfière du Déluge et le Journal 44-48.
En 1987, Jacques me fit un plaisir immense en m’invitant à rejoindre sa collection pour mes Ethnograffiti, qui l’avaient enchanté, plaisir doublé par des illustrations et une lithographie de Jorge Camacho.
Je découvris tardivement le talent d’écrivain de Jacques Veuillet : lorsque je créai la collection des mini-livres, il m’adressa La Lettre close, puis Oncle Ted. Avec parcimonie, je dirais… puisque je ne publiais rien de plus.
Je dois à Jacques Veuillet sinon mon amour des livres, du moins mon orientation professionnelle : c’est grâce – ou à cause ? de lui que je suis devenu éditeur.
Pierre Laurendeau : Cher Tenancier, ton vibrant hommage au texte de Jacques Veuillet me va droit au cœur ! J’ai fait sa connaissance en 1972. Il figurait comme éditeur de référence dans l’anthologie des Poètes singuliers du surréalisme et autres lieux, de AV Aelberts et JJ Auquier, parue en 10/18 (1971) – complément indispensable à L’Anthologie de l’humour noir d’André Breton !
Je lui avais adressé un manuscrit, un vrai, écrit à la main par un gaucher contrarié. Il m’a répondu par une lettre aimable, précisant qu’il avait été sensible à l’énergie d’un jeune poète un peu rebelle mais qu’il me conseillait, pour être lu, d’acheter une machine à écrire. Ce que je fis séance tenante, y consacrant l’argent de mon activité d’été d’arroseur de pelouses aux HLM de la ville d’Angers. J’eus le culot d’aller le voir chez lui – son adresse figurait dans le livre – imaginant, à dix-neuf ans, un vaste complexe de bâtiments où s’activerait une nuée de secrétaires et autres commis d’édition. Je découvris un appartement certes bien agencé mais particulier, où Jacques me reçut avec amabilité et, je pense, un certain amusement. Il était très lié aux surréalistes et aux poètes du Manifeste électrique (Bulteau, Messagier, Pélieu…). Il m’offrit plusieurs ouvrages, que j’ai conservés. Sa marque d’éditeur – activité totalement clandestine – s’appelait Première Personne. Il avait alors publié deux livres : Clément Magloire-Saint-Aude, Dialogue de mes lampes, avec des gravures de Camacho, de Wifredo Lam et la première d’Hervé Télémaque[1]. L’autre : Sang de Satin, de Michel Bulteau, était illustré d’une magnifique gravure de Jacques Hérold, dont il était un ami proche.
Chaque fois que je venais à Paris, j’allais le voir. Il était toujours disponible et orientait mes lectures : il me fit découvrir, entre autres, Les Vanilliers de Georges Limbour et Peter Ibbetson de George du Maurier.
Il me fit un éloge sincère – je pense – de mon premier livre, une pièce de théâtre marquée par mes lectures surréalistes, notamment Jean-Pierre Duprey : Moche ou la Quête du Rabot, que je vais rééditer prochainement pour fêter les cinquante ans de la première édition.
Lorsque parut au Soleil noir La Victoire à l’ombre des Ailes de Stanislas Rodanski, auteur que j’avais repéré dans l’anthologie d’Aelberts et Auquier, je découvris au fil du texte un certain Jacques Veuillet que Rodanski tour à tour encensait ou vouait aux gémonies. Je demandai à Jacques si c’était lui. Il me fit alors la confidence de ses années de jeunesse à Lyon, de son amitié « toxique » avec Rodanski[2] et de son rejet final lorsque Rodanski lui lança un appel à l’aide désespéré, juste avant de se présenter à l’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu, où il restera toute sa vie.
En 1983, je proposai à Jacques d’intégrer le « consortium » Deleatur pour y poursuivre son activité éditoriale, notamment les textes de Rodanski dont il possédait un grand nombre[3], dans des cartons – ceux publiés par Le Soleil noir provenaient de Julien Gracq, chez qui Rodanski abandonnait des textes quand il venait à Paris – ainsi que chez Jacques Hérold. De Rodanski, parurent chez Première Personne nouvelle formule : Spectracteur, puis Le Journal d’Arnold, La Montgolfière du Déluge et le Journal 44-48.
En 1987, Jacques me fit un plaisir immense en m’invitant à rejoindre sa collection pour mes Ethnograffiti, qui l’avaient enchanté, plaisir doublé par des illustrations et une lithographie de Jorge Camacho.
Je découvris tardivement le talent d’écrivain de Jacques Veuillet : lorsque je créai la collection des mini-livres, il m’adressa La Lettre close, puis Oncle Ted. Avec parcimonie, je dirais… puisque je ne publiais rien de plus.
Je dois à Jacques Veuillet sinon mon amour des livres, du moins mon orientation professionnelle : c’est grâce – ou à cause ? de lui que je suis devenu éditeur.
[1] Je ne possède hélas que l’édition courante…
[2] Alain Jouffroy consacre un ouvrage à Rodanski, Le Temps d’un livre, où il fait part de l’impossibilité de vivre avec lui.
[3] Vers la fin de sa vie, il en fit don à la Bibliothèque Jacques-Doucet. François-René Simon poursuit l’édition de ce fonds, aux éditions des Cendres notamment.
dimanche 22 octobre 2023
samedi 21 octobre 2023
Un épisode galvanique
Inaugurons ce retour aux parutions de votre serviteur avec Un
épisode galvanique, nouvelle qui doit beaucoup à Mary Shelley, mais
en nettement moins subtil, bien qu’écrit avec soin et en tentant de
rattraper une atmosphère « d’époque »… Bref, votre Tenancier
s'essaye à l'humour. Enfin, vous verrez bien, n’est-ce pas, puisque
vous allez tous vous précipiter pour vous abonner à Lard-frit, ou est
insérée cette nouvelle histoire !
Le cycle des parutions reprend et ce n’est pas dommage de ce côté-ci de l’écran. Cela donne du cœur à l’ouvrage pour le travail en cours…
Le cycle des parutions reprend et ce n’est pas dommage de ce côté-ci de l’écran. Cela donne du cœur à l’ouvrage pour le travail en cours…
jeudi 19 octobre 2023
dimanche 15 octobre 2023
samedi 14 octobre 2023
Paf, dans ma bibliothèque !
Diable, aurais-je l’intention de
doubler, voire de tripler
ma bibliothèque simenonienne en prenant ces quatre bouquins dans
la boîte
à livre et en les joignant à l’héritage maternel ?
La pêche reste pourtant simple, qui va peut-être s’ajouter aux
cartonnages sous
jaquette des romans de Simenon aux Presses de La Cité, que ma mère
allait
acheter, en faisant un crochet chez un bouquiniste au retour du marché
des
Lices, à Rennes. À détour plus modeste, résultat en rapport. On se
contentera
de ces merles au format poche. On l’a constaté déjà, Simenon n’est pas
rare
dans ce genre de gisement et pas le pire, à côté de conneries, comme
les livres
de Slaughter ou des trucs que notre dissonance cognitive se refuse à
identifier
comme des livres. Simenon convient bien à la Vie de Province et même à
l’ambiance
de sous-préfecture où je réside. Rentrer du marché avec de quoi faire
un bœuf bourguignon
et des bouquins de Simenon dans le cabas, c’est décider de se mettre au
diapason. Cela revient à se plier également à un certain art de vivre
et à une
certaine façon de manger. La cuisine de ma mère me manque, sa
bibliothèque me
la rappelle…
Tiens donc !
Je n’avais pas ce Mac Orlan !
J’étais pourtant convaincu de le posséder dans une édition correcte… Il
est
vrai qu’à force de l’avoir croisé lorsque j’étais libraire, je me suis
persuadé
qu’il était à m’attendre parmi les autres livres de l’auteur, derrière
moi, là,
au moment où je vous écris. Bien, comme les Simenon, l’exemplaire est
modeste,
mais sympathique, comme le sont les bouquins de la collection Le Livre
de Poche
dans leur ancienne édition. En effet, la typo moins pâlotte rend leur
lecture
agréable. Celui-là comporte des rousseurs, pas rédhibitoires,
toutefois. Je possède
quelques bons exemplaires de livres de Mac Orlan, sans prétendre à la
bibliophilie — parce que je n’en ai pas les moyens. Je vais tout
de même
tenter d’améliorer cette prise un de ces jours.
Bon sang, il me reste si peu de temps (je vais bien, rassurez-vous, mais la vie est trop courte)...
J’ai connu l’auteur dans mon enfance, par une de mes sœurs, qui en était l’amie. J’étais curieux d’apprendre les détails de l’épisode de son bref emprisonnement en raison de son implication avec Action Directe, de cet étrange manque de lucidité au nom d’un romantisme révolutionnaire qui a semblé traverser une certaine génération. Aussitôt acheté, aussitôt lu : je mesure l’effort consenti à ce retour de mémoire. Il est moins question de dialectique et de praxis que d’amitié trahie et d’emprise. Cela nous est tous arrivé, certes, mais cela ne nous a pas tous conduits à l’isolement en Préventive. Du reste, c’est-à-dire de la lucidité politique qui le fait mêler Makhno et Marx, jusqu’aux « bonnes œuvres » de la mitterrandie, on s’abstiendra de se prononcer. On a bien fréquenté de ce côté-ci du clavier des gens de gôche (Mitterrand, Lang, toussa) — dont une que j’avais sous les yeux — à Radio libertaire… Au moins, pour ce qui concerne Dan Franck, il semble en accord avec lui-même et n’a sans doute impliqué que lui par son obstination à respecter son éthique. Je n’avais pas lu de ses livres depuis longtemps. Celui-ci m’a renvoyé au temps où ma sœur — qui n’y est pas citée, comme dans certains de ses romans — était encore vivante.
Dites-donc, cette rubrique vire à la nostalgie…
Georges Simenon : Le haut mal — Arthème Fayard, 1955
Georges Simenon : Les 4 jours du pauvre homme — Presses de La Cité, 1954
Georges Simenon : Strip-tease — Presses de La Cité — 1986
Georges Simenon : Le coup de Lune — Presses Pocket — 1976
Pierre Mac Orlan : À bord de l'Étoile matutine — Le Livre de Poche, 1962
Dan Franck : L'arrestation — Grasset, 2023
Bon sang, il me reste si peu de temps (je vais bien, rassurez-vous, mais la vie est trop courte)...
J’ai connu l’auteur dans mon enfance, par une de mes sœurs, qui en était l’amie. J’étais curieux d’apprendre les détails de l’épisode de son bref emprisonnement en raison de son implication avec Action Directe, de cet étrange manque de lucidité au nom d’un romantisme révolutionnaire qui a semblé traverser une certaine génération. Aussitôt acheté, aussitôt lu : je mesure l’effort consenti à ce retour de mémoire. Il est moins question de dialectique et de praxis que d’amitié trahie et d’emprise. Cela nous est tous arrivé, certes, mais cela ne nous a pas tous conduits à l’isolement en Préventive. Du reste, c’est-à-dire de la lucidité politique qui le fait mêler Makhno et Marx, jusqu’aux « bonnes œuvres » de la mitterrandie, on s’abstiendra de se prononcer. On a bien fréquenté de ce côté-ci du clavier des gens de gôche (Mitterrand, Lang, toussa) — dont une que j’avais sous les yeux — à Radio libertaire… Au moins, pour ce qui concerne Dan Franck, il semble en accord avec lui-même et n’a sans doute impliqué que lui par son obstination à respecter son éthique. Je n’avais pas lu de ses livres depuis longtemps. Celui-ci m’a renvoyé au temps où ma sœur — qui n’y est pas citée, comme dans certains de ses romans — était encore vivante.
Dites-donc, cette rubrique vire à la nostalgie…
Georges Simenon : Le haut mal — Arthème Fayard, 1955
Georges Simenon : Les 4 jours du pauvre homme — Presses de La Cité, 1954
Georges Simenon : Strip-tease — Presses de La Cité — 1986
Georges Simenon : Le coup de Lune — Presses Pocket — 1976
Pierre Mac Orlan : À bord de l'Étoile matutine — Le Livre de Poche, 1962
Dan Franck : L'arrestation — Grasset, 2023
vendredi 13 octobre 2023
jeudi 12 octobre 2023
Bibliographie commentée des Minilivres aux éditions Deleatur — 06
Jean de La Bruyère
« Le ministre
ou le plénipotentiaire
est un caméléon"
EXTRAIT DES
Caractères
DU SOUVERAIN
OU DE LA RÉPUBLIQUE
Angers — Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages,
dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en octobre 1995
sur
les presses de Deleatur pour le compte de quelques électeurs avertis
Le Tenancier : Si j’en
crois l’achevé d’imprimer de cet
exemplaire (avril 1996), nous avons affaire à une réimpression de ce
titre
puisque la couverture indique 1995. Cela indique que la collection se
porte
assez bien pour envisager des retirages. As-tu souvenir de l’accueil de
ces
ouvrages ? En a-t-on parlé ?
Cet extrait est assez divertissant. Tu sembles attiré par la littérature « Grand Siècle » : La Fontaine, La Bruyère et bientôt Perrault…
Pierre Laurendeau : C’est vrai, j’éprouve une certaine prédilection pour quelques auteurs du Grand Siècle (du moins supposé tel), notamment pour la précision – et la concision – de leur style… Rien n’est à jeter dans ce portrait de l’homme politique – au sens étroit –, qui habillerait remarquablement nos élus et potentats. « Il se fait longtemps prier, presser, importuner sur une chose médiocre pour éteindre les espérances et ôter la pensée d’exiger de lui rien de plus fort. » Ne croirait-on pas le portrait d’un ministre aux ordres de Jupiter Premier ?
L’édition première de ce minilivre date de 1995, l’année de lancement de la collection. Mon exemplaire porte, à l’achevé d’imprimer, la mention « avril 2002 ». Comme je l’ai expliqué par ailleurs, j’effectue des tirages restreints (10 ou 20 exemplaires, sauf circonstances particulières – j’en parlerai à l’occasion du numéro 31), ce qui me permet de loger l’intégralité du stock dans une boîte à chaussures !
Cet extrait est assez divertissant. Tu sembles attiré par la littérature « Grand Siècle » : La Fontaine, La Bruyère et bientôt Perrault…
Pierre Laurendeau : C’est vrai, j’éprouve une certaine prédilection pour quelques auteurs du Grand Siècle (du moins supposé tel), notamment pour la précision – et la concision – de leur style… Rien n’est à jeter dans ce portrait de l’homme politique – au sens étroit –, qui habillerait remarquablement nos élus et potentats. « Il se fait longtemps prier, presser, importuner sur une chose médiocre pour éteindre les espérances et ôter la pensée d’exiger de lui rien de plus fort. » Ne croirait-on pas le portrait d’un ministre aux ordres de Jupiter Premier ?
L’édition première de ce minilivre date de 1995, l’année de lancement de la collection. Mon exemplaire porte, à l’achevé d’imprimer, la mention « avril 2002 ». Comme je l’ai expliqué par ailleurs, j’effectue des tirages restreints (10 ou 20 exemplaires, sauf circonstances particulières – j’en parlerai à l’occasion du numéro 31), ce qui me permet de loger l’intégralité du stock dans une boîte à chaussures !
mercredi 11 octobre 2023
Une historiette de Béatrice
mardi 10 octobre 2023
Réflexion sur l'écriture qui laisse le Tenancier rêveur devant l'évidence
« Le travail d'une bonne prose comporte trois niveaux : un niveau musical, dans lequel elle est composée ; un niveau architectonique, dans lequel elle est construite : enfin un niveau textile, dans lequel elle est tissée. » |
Walter Benjamin : Rue à sens unique
(C'est donc pour cela que le Tenancier a souvent envie de tisser).
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