dimanche 14 juin 2026

C'que c'est beau, l'amour !

Oui, dès l’instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l’amour qu’en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris !
En vain je priai, je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que j’y mis.
Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu’ingénument je vous le disse,
Qu’avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m’assassinassiez !
Alphonse Allais : Complainte amoureuse

jeudi 11 juin 2026

Brimborions et coquecigrues

Et zou, annonçons la parution du petit dernier de chez Letort. Onze nouvelles (courtes, il est vrai) pour 2€ à commander (avec d'autres petits bouquins, ne soyez pas radins) sur le site de Deleatur !

mercredi 10 juin 2026

Oui, bon...

Allons, allons ! Votre Tenancier n’était pas aux fraises, mais a été pris par quelques activités qui ont cessé de devenir  annexes à un moment donné. C’est comme ça, c’est la vie, on est faible et on se laisse entraîner. Il va revenir aux affaires, quitte à ce qu’elles demeurent sporadiques.

mercredi 22 avril 2026

Une historiette de Béatrice

— Tiens, poésie en basque ça se dit olerti ?
— Oui madame.
— Tiens, le mot existe donc en basque !
(affichage bilingue dans la boutique)

mardi 21 avril 2026

Il est temps de renvoyer des manuscrits !

Vincent Bolloré assure que « Grasset continuera » avec « de nouveaux auteurs » pour remplacer les départs.
(La presse, avril 2026)

La revanche des ratés
Au début de l’occupation une foule de ratés surgit, qui se précipita vers les bottes de l’occupant afin de les lécher. Pour rédiger, des leaders vengeurs sur la « judéo-maçonnerie », on vit sortir de leur retraite des hommes oubliés depuis vingt ans, tels que Jean Drault — auteur du Soldat Chapuzot au environ de 1896 — Lucien Penjean ou le feuilletoniste Jean de La Hire. Le plus obscur rédacteur de la feuille antisémite confidentielle d’avant-guerre s’empara d’un fauteuil directorial.
Aujourd’hui nous voyons déferler deux nouvelles vagues de ratés. Les uns déclarent : « J’étais à la barricade de la Montagne-Saint-Geneviève, placez mon papier en première page ! » Les autres : « Il faut que je me rattrape, car je n’ai collaboré à aucun journal pendant l’occupation, moi ! »
Pour certains de ces derniers, ce n’est pas faute d’avoir tiré des pieds de biche ni mariné dans les antichambres. Ils se font un titre de gloire d’une abstention parfaitement involontaire.
(Mai 1945)
Jean Galtier-Boissière : Mon journal depuis la libération (1945), p.261.

(Didier, habitué de ce blogue, me signale l'obscurité de la deuxième phrase « Pour rédiger, des leaders vengeurs [...] » et me suggère « Pour rédiger des libelles vengeurs... » ce qui semble plus cohérent, bien que, après vérification, il n'y avait pas d'erreur à la recopie de ce passage...)

lundi 20 avril 2026

Ma vie est un décrochage régional de Fr3

Un gimmick me fait sourire, à propos de reportages sur un écrivain ou un quelconque pondeur de rapport : on le filme tout le temps à lire son bouquin, comme s’il était en train de le découvrir au quotidien avec une voix off « Nous avons trouvé Jean-François Tartempion chez lui, pour nous parler de son dernier livre ». Vous imaginez, vous, un type qui a écrit un texte pendant des mois, qui s’est emmerdé à trouver le mot juste, l’expression ad hoc se pencher de nouveau dans son bouquin, comme s’il était tout seul, avec l’air concentré ? Qui peut croire que c’est crédible ? En tout cas, ça n’effleure pas les journalistes de la téloche qui nous servent à chaque fois la même image et qui tentent de convaincre le pauvre écrivain de paraître focalisé sur un truc qu’il connaît jusqu’à l’écœurement...

dimanche 19 avril 2026

Une historiette de Béatrice

Il regarde les livres offerts du panier à l’extérieur, tanguant mais debout, une bouteille de whisky à la main. « Vous auriez quelque chose à me conseiller, j’aime bien les trucs qui cultivent, je ne peux pas choisir, vous voyez ».
Je vois bien, mon gars.

jeudi 16 avril 2026

Une annonce du Tenancier

Je tiens à signaler que je n’ai pas quitté Grasset.
Parce que je n’y suis pas rentré.
Parce que je n’ai même pas essayé.
Parce que j’en ai rien à foutre de ces bourges.
(Il est vrai aussi que mon avis n'a aucune importance.)

mardi 14 avril 2026

Il n'est jamais trop tard pour s'expliquer des choses...

Le Tenancier est un vieux et cette qualité encore récente (du moins, il veut le croire) l’autorise à pratiquer des petites manies telle la consultation des dictionnaires, de préférence spécialisés afin de mesurer l’étendue de ses ignorances, état qu’il applique au pluriel, bien entendu. En ce moment, un ouvrage retient son attention, il s’agit du Dictionnaire de linguistique de Georges Mounin (édition de 1974), acquis lors de son activité de libraire. Quel délice, cet ouvrage ! Certes on doit être pervers ou bien vieux pour le savourer, on le conçoit bien. Ainsi, à cette occasion, on est tombé sur le mot Pseudo-agrammatisme, dont voici la définition :
Pseudo-agrammatisme : Patho. — Trouble de la morphologie et de la syntaxe résultant d’un déficit intellectuel. Ce terme sert à opposer les anomalies du langage d’un aphasique et celles d’un imbécile, par exemple, chez qui il n’y pas à proprement parler de trouble du langage (l’on peut supposer qu’il y a expression adéquate d’une pensée déficiente).
On entendra « morphologie » sous son acception linguistique et « imbécillité » par son paradigme clinique…
Là, tout à coup, on s’explique la qualité des commentaires dans certains réseaux sociaux et un peu la cause de l’émergence de l’Idiot du village planétaire, souvent fasciste…
Décidément, rien ne vaut les vieux dictionnaires pour apprendre le monde.

dimanche 12 avril 2026

Où Letort fiche sa dem'

 Il faut bien dire qu'on l'avait cherché, sur ce coup-là...
(On peut cliquer sur le texte pour mieux voir)



samedi 11 avril 2026

Une historiette de Béatrice

Madame :
Bonjour, est-ce que vous avez des livres sur l'histoire de Bayonne ?... Ah mais non, ça ne va pas du tout, il n'y a pas d'images. Je cherche des livres avec des images.
Monsieur, en même temps :
Est-ce que vous faites des petits prix ici ?