On découvrira un peu plus Stéphane
Mahieu dans une
conversation avec Pierre Laurendeau que je vous réserve dans quelques
billets.
Rien de plus stimulant qu’une lecture pour en susciter une autre et
amener à
quelques interrogations. Que je m’explique : piqué par la
relecture du
Grand animal de Maastricht dans la
collection des Minilivres, j’ai exploré la bibliographie de son auteur
et
découvert cet ouvrage dont le titre allèche et promet d’alimenter
quelques
réflexions. En effet, je poursuis depuis plusieurs années l’exploration
d’un
univers personnel autour du Fleuve, gigantesque territoire où la
communication
n’est pas obérée par les barrières linguistique. Pour autant, le
recours à la
facilité d’une
lingua franca suscite une
culpabilité, dans le sens où je suis pris en défaut d’imagination à ce
sujet.
La découverte de ce titre, rédigé par un membre du Collège de
‘Pataphysique, ne
réparera pas la lacune puisque beaucoup de mes récits ont été publiés,
mais
pourrait devenir une ouverture pour la suite. Il devient nécessaire
parfois
d’alimenter l’imagination par le raisonnement et
Le
Phalanstère des langages excentriques semble un moyen de se
renouveler. Au-delà de cette vision un peu utilitaire, ce que j’ai lu
déjà de
Stéphane Mahieu me promet un moment de plaisir littéraire…
Petit aparté : il faut collectionner les titres hors du
commun, comme dans un cabinet de curiosités impalpable. Ainsi,
Le Phalanstère des langages excentriques,
gagnera une place de choix à côté du
Sanatorium
des malades du temps d’Éric Faye, autant de lieux improbables qui
mériteraient de se retrouver aussi dans le
Guide nulle part et d’ailleurs…
Rien de ce qu’entreprend Pierre Laurendeau ne peut laisser
indifférent er le plaisir de découvrir dans ma boîte aux lettres le
dernier
ouvrage écrit et publié par lui au Club Samizdat, sa collection
particulière,
nanti de plus d’un envoi autographe signé, ne pouvait qu’accentuer mon
plaisir.
Décidément, Mercure favorise les coïncidences car, entreprenant de
revenir sur
les Minilivres qu’il publia 30 ans plus tôt, me penchant sur un de ses
auteurs
dont je fais l’acquisition plus haut, j’ignorais que Pierre avait
publié ce
petit ouvrage de nouvelles courtes (parfois une page) également, achevé
d’imprimé en juillet. Il me manque plusieurs volumes de cette
délicieuse
collection, fort rare
parce que sa
distribution est aléatoire et seulement dans quelques librairies. Sans
être
obsédé par la complétude, le défi risque d’être ardu qui va consister à
les
posséder tous. On évoquera ces volumes plus en détail un de ces jours.
Je vais
picorer avec toute la lenteur requise, sachant que ce type de nouvelle
se
savoure, surtout avec l’humour de Pierre. Cela fait un certain temps
que je n’avais
pas reçu un livre avec envoi. Ici, il s’agit de l’un de mes éditeurs,
d’un
confrère talentueux en écriture et d’une personne que j’estime à la
hauteur de l’amitié.
C’est tout pour aujourd’hui. Maintenant, il va falloir trouver
du temps pour lire ce qui s’accumule…
Stéphane Mahieu : Le phalanstère des langages excentriques — Ginkgo éditeur, 2005
Pierre Laurendeau : Le passager clandestin et autres histoires brèves — Club Samizdat, 2023