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Coll. ArD
Coll. ArD
| La revanche des ratés Au début de l’occupation une foule de ratés surgit, qui se précipita vers les bottes de l’occupant afin de les lécher. Pour rédiger, des leaders vengeurs sur la « judéo-maçonnerie », on vit sortir de leur retraite des hommes oubliés depuis vingt ans, tels que Jean Drault — auteur du Soldat Chapuzot au environ de 1896 — Lucien Penjean ou le feuilletoniste Jean de La Hire. Le plus obscur rédacteur de la feuille antisémite confidentielle d’avant-guerre s’empara d’un fauteuil directorial. Aujourd’hui nous voyons déferler deux nouvelles vagues de ratés. Les uns déclarent : « J’étais à la barricade de la Montagne-Saint-Geneviève, placez mon papier en première page ! » Les autres : « Il faut que je me rattrape, car je n’ai collaboré à aucun journal pendant l’occupation, moi ! » Pour certains de ces derniers, ce n’est pas faute d’avoir tiré des pieds de biche ni mariné dans les antichambres. Ils se font un titre de gloire d’une abstention parfaitement involontaire. (Mai 1945)
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| Je tiens à signaler que je
n’ai pas quitté Grasset. Parce que je n’y suis pas rentré. Parce que je n’ai même pas essayé. Parce que j’en ai rien à foutre de ces bourges. (Il est vrai aussi que mon avis n'a aucune importance.) |
| Pseudo-agrammatisme : Patho. — Trouble de la morphologie et de la syntaxe résultant d’un déficit intellectuel. Ce terme sert à opposer les anomalies du langage d’un aphasique et celles d’un imbécile, par exemple, chez qui il n’y pas à proprement parler de trouble du langage (l’on peut supposer qu’il y a expression adéquate d’une pensée déficiente). |
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| Votre Tenancier chéri continue son année avec un court roman, après une nouvelle et la publication d’une anthologie sous sa direction. Allez donc voir sur le site de l’éditeur, Terres du Couchant puis lisez les premières pages. |

Le temps passe et le Tenancier continue d'être publié dans le magazine Lard-Frit avec, cette fois-ci, une nouvelle inspirée du Guépard et de la dégustation des macaronis, tout ceci exposé avec tout le sérieux requis dans ce genre de récit. Naturellement.

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| Une
question hante actuellement les animateurs de radio ou
de télévision, insinuant que la création agirait comme une thérapie.
Cette
interrogation démontre à quel point nous avons raison de traiter ces
interviewers « d’animateurs » et non de journalistes.
Ceux-là sont curieux et opèrent sur diverses sources, or en mettant en
avant,
presque à chaque occasion, l’idée d’un exorcisme dans le travail de
création,
on devine implicitement que cela concerne cette espèce de littérature
qui ne se
révèle pas autre chose que l’adaptation « littéraire » d’articles pour
magazine féminins (pêle-mêle : le deuil, l’anorexie, l’inceste,
etc.) Le
fait de savoir que cette littérature existe ne nous dérange pas
particulièrement, la grosse artillerie éditoriale en fait son beurre,
tant
mieux, tant pis, on s’en moque. Au sujet de l’exorcisme ou de la
thérapie par l’écriture,
on connaît l’influence de psychiatres paresseux sur une bourgeoisie qui
s’emmerde :
« Écrivez ce qui
vous hante » supplée
à une imagination quelque peu défaillante… Il arrive que certains de
ces « auteurs »
gaffent et avouent ce qui a provoqué ce prurit d’écriture. Comme
lesdits
animateurs ont l’air de fréquenter les mêmes psys, nous nous retrouvons
devant
la piètre alternative, en allumant le poste, du choix de notre
poison :
veuvage, anorexie, inceste, le tout sur fond historique, si possible.
Quant à
nous, derrière ce clavier, à la question d’un exorcisme pour ce qui
concerne
notre production, nous n’aurions qu’une seule réponse :
« Qu’est-ce que ça peut
vous foutre ? » Autant le dire ici. |